Petite note biographique sur ces deux artistes-artisans sculpteurs qui furent actifs sur le chantier du musée d'histoire de Versailles sous Louis-Philippe, mais pas que !!!
Sculpteurs-décorateurs spécialisés dans le carton-pierre, ils sont connus à partir de 1823.Louis Etienne Wallet et César Joseph Eusèbe Huber, qualifiés de "Sculpteur du roi", étaient les successeurs de MM. Hirsch et Mezière, au 3 rue Porte-Foin à Paris.
En 1837, ils transfèrent leur entreprise au 20 rue Bergère ou il exercèrent jusqu'au début du règne de Napoléon III.
En 1844, leurs ateliers occupaient pendant toute l'année 120 ouvriers, 10 sculpteurs et 5 menuisiers.
Leur fonds de commerce se composait de creux ou moules en plâtres reproduisant des ornements, reliefs, rondes-bosses et sculptures de toutes les époques.
Ils participèrent aux Expositions des produits de l'industrie française entre 1823 et 1844 ou ils remportèrent plusieurs médailles d'argent et de bronze.
La technique du carton pierre
Cette technique est héritière des décors de théâtre, de fête ou de château d'ancien régime ou l'on utilisait alors du carton moulé. Celui-ci remplaçait la sculpture sur bois à l’exécution longue et onéreuse.
Ce matériaux périssable ne résistant pas aux intempéries, on finit par lui ajouter de la poudre de pierre.
Ce carton-pierre, malléable, solide, économique et léger, se développera à partir de 1806 dans les ateliers du sieur Méziere.
Les recettes varient mais gardent en commun le mélange de poudre de pierre ou de craie, de papier mâché, de colle animale et de lanières de cuir ou d'armature de métal.
La pâte obtenue est mise en forme dans des moules de cuivre ou de plâtre.
Passée des décors de spectacles aux habitations, cette technique permit de fabriquer des ornements en série vendus sur catalogue à prix modique.
Néanmoins, le carton-pierre sera assez rapidement remplacé par le staff inventé en 1856.
Wallet et Huber au service de la couronne
Leur carrière au service des maisons royales commença donc sous la restauration.
À l’exposition de 1823, Wallet et Huber présentérent entre-autres un « Christ d’un très-bon style ».
En 1825, ils travaillaient aux décors du sacre de Charles X à Reims.
En 1827, ils exposèrent une statue plus grande que nature de Henri IV en carton-pierre imitant le bronze dans la salle d'assemblée au Louvre.
En 1828, il éditèrent un recueil gravé, catalogue de leurs ornements, réédité en 1850.
Le plus fort de leur carrière se situe sous le règne de Louis-Philippe et en particulier sur le chantier du musée d'histoire de Versailles.
Car en dehors des socles en faux marbre pour les torchères de la galerie des glaces, ils apparaissent dans la fabrication de nombreux décors même si ceux-ci généralement peu précis sont difficiles à identifier surement.
Tout au plus les imaginent-on, au travers des comptes des bâtiments de la Couronne, travaillant dans l'aile du midi à la galerie des Batailles, la salle du sacre ou celle de 1792, aux décors entièrement crées sous Louis-Philippe ou ils fallait aller vite et à moindre coût.
Les sommes qui leur furent versées sur ce chantier entre 1833 et 1844 furent néanmoins conséquentes.
A côté de ce grand oeuvre de Versailles, ils sont également cités sur d'autres demeures royales dont Compiègne (1836), Randan pour Mme Adélaide (1840), Fontainebleau (1842, 1843,1845) pour des travaux de décoration à l'escalier de la Reine, l'ensemble du 1er étage et la porte de Saint-Louis.
En 1845, ils travaillaient au rétablissement de la sculpture du fronton au-dessus de l'entrée de la chapelle du palais de Saint-Cloud.
Ils apparaîtront encore vers 1852-1853 sur le chantier du théâtre impérial du château de Fontainebleau.
Hors des chantier royaux, ils œuvrèrent aux décors de l’hôtel de ville de Paris et de l’hôtel de Bourvallais (actuel ministère de la justice).