lundi 31 août 2026

François Leloutre (mort en 1784) Horloger des Menus Plaisirs du Roi de 1754 à 1781

Cet artisan parisien fut reçu maître en 1741 et devint avant 1754 Horloger des Menus Plaisirs du Roi pour lesquels il travailla jusqu'en 1781.
Il est installé en 1748 rue Richelieu, en 1766 rue de l’Arbre-Sec, en 1769 rue de l’Échelle, en 1772 rue Saint-Nicaise, et enfin de 1778 à 1783 cour des Tuileries.
Il fut marié en 1752 à Anne Mahou puis en 1769 à Françoise Delaterre.
L’inventaire après décès de François Leloutre, horloger du roi, est dressé en 1784 dans son logement du palais des Tuileries, bâtiment de la Cour des Suisses.

Il livra de nombreuses pendules et montres pour le service de Louis XV, des ducs de Bourgogne et de Berry, pour le mariage du Dauphin et du comte de Provence, pour le comte d'Artois, ainsi que pour l'hôtel des Menus-Plaisirs et des cadeaux diplomatiques.


Pendule « au coq chantant » d'époque Louis XVI,
Mouvement signé Le Loutre à Paris.
Modèle de caisse en bronze de Foullet (N°14 du recueil de l'INHA-Doucet)

Le musée de Versailles conserve deux pendules avec mouvement de cet horloger dont l'une livrée à la cour.


Un cartel répondant à ce modèle et du même horloger a été livré en 1759 pour la chambre du duc de Bourgogne au château de Versailles. 
A la mort du prince en 1761, il passa au service de son frère cadet le comte d'Artois qui le conserva jusqu'en 1789.

sont également passé en vente deux pendules présumées livrées à la cour par cet horloger :



Portant la signature de François Leloutre, cette pendule correspond à la description d'une livraison faite par Leloutre pour le comte d'Artois, en 1764 :
" Pendule obélisque ornée de guirlandes, à deux faces visibles dans un miroir, 2000 livres "

Le mécanisme unique de phase de lune au dos est conçu pour se refléter dans un miroir. La signature sur le cadran et reprise par le chiffre « F.L. » (pour François Leloutre) visible sur le boîtier en bronze doré.
Cette pendule est probablement restée dans les collection du comte d'Artois jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, comme l’attestent les archives du dépôt des Fêtes et du Garde-Meuble du Directoire, établies en 1794-1795, où figure une " Pendule de Leloutre, horloger, provenant du Temple ".

Inspiré par le "goût à la grecque", première phase du néoclassicisme en France, la caisse de bronze doré correspond à un modèle dit "en pyramide" dont le dessin est conservé dans un recueil de la Bibliothèque Doucet à Paris, sous le N° 64 donné du bronzier Violet.
Je n'ai pas retrouvé de maître bronzier à cette date, le seul connu est un Jean François Violet ou Viotet décédé en 1757. Peut-il être le créateur de ce modèle produit dans son atelier repris par sa veuve Louise Geneviève Duhamel morte après 1805 ?

et avec plus de réserves  !!!



Cette pendule dans le gout rocaille symétrisé vers 1750-1760, posée en cartel sur socle, présente un cadran et un mécanisme à phases de lune, signé Leloutre à Paris. 
Elle est supposée avoir appartenu à la reine Marie-Antoinette avant d'entrer dans la collection du comte Jean-René-Pierre de Sémallé (1772-1863), page de Louis XVI puis dans sa descendance.
La caisse en bronze doré est un modèle du fondeur Robert Osmond. Une pendule semblable fut livré en 1757 pour le service de Mme Adelaide, fille de Louis XV, à Versailles.

Sources :
Archives nationales, minutier central des notaires.
Tardy, Dictionnaire des horlogers Français
Site des collections du château de Versailles
Verlet, Les bronzes dorés français du XVIIIe siècle
Sotheby's-Paris, vente Doha / Paris, un Décor Princier, 30 juin 2021


jeudi 27 août 2026

La famille Bardou, peintre doreur du roi et du garde-meuble de la couronne


Entre 1765 et 1786, les comptes de la Couronne relatifs aux peintres et doreurs sont largement dominés par l'atelier de la veuve Bardou. Son mari, Gaspard-Marie Bardou, avait fondé l’entreprise et occupait la charge de peintre et doreur ordinaire du Roi ou du garde-meuble avant 1754, année ou il avait épousé par contrat Marie-Catherine Renon. Le couple demeurait à Paris, rue de Clery, paroisse Bonne-Nouvelle.

L’identification précise de ce Bardou demeure discutée :
l'historien d'art Antoine Maës a proposé d’y voir Charles Bardou (né vers 1685), qualifié de peintre et doreur ordinaire du roi dès 1730, mort avant 1754, marié en 1725 à Marie-Marguerite Bouteiller (née vers 1705).
Ce Charles Bardou était cependant très probablement l'oncle paternel de Gaspard-Marie, mentionné dans les comptes de 1764.
Ce dernier aurait donc pu être formé dans l'atelier de son oncle et prendre sa succession au service du garde-meuble royal.
Marie-Catherine Renon, dite veuve Bardou, était mariée depuis 10 ans lorsque son époux mourut vers 1764. Elle reprit l’atelier et en assura la continuité avec succès.

Les lacunes documentaires - une seule boîte de comptes conservée pour 1725-1764 - rendent difficile l’évaluation de l’activité antérieure ; en revanche, la période 1765-1786 atteste d’une entreprise régulièrement employée par la famille royale.
Son atelier travailla pour Louis XV, Marie Leszczyńska, le dauphin et la dauphine, Mesdames, puis pour Louis XVI, Marie-Antoinette, le comte d’Artois et d’autres membres de la Maison royale, dans les châteaux de Versailles, Saint-Hubert, Compiègne, Marly et Fontainebleau.

La production est vaste : sièges, lits, paravents, candélabres, plafonds et dessus-de-porte.
L’atelier ne se limitait pas à la dorure à la feuille, mais pratiquait également le blanchiment et la peinture du bois, l’usage d’argent moulu et l’application de bronzes.
Les montants facturés oscillent le plus souvent entre 10 000 et 20 000 livres par an.
L’année 1770 constitue une exception remarquable : près de 114 000 livres furent facturées, dont 42 000 pour vingt-huit « grands candélabres », surement les torchères ou guéridons destinés à la galerie des glaces pour les festivités du mariage du dauphin.
Parmi les autres travaux d'importance, on peut citer en 1773 la dorure des 12 pliants de la chambre de la comtesse d'Artois à Versailles,
en 1779, la dorure des sièges livrés pour le cabinet doré de la reine Marie-Antoinette à Versailles,
en 1781 la dorure des fauteuils et chaises du menuiser François II Foliot pour le salon du Belvédère au petit Trianon, 
et en 1785 la dorure des chaises, paravent et écran du menuisier Boulard pour le salon des jeux de Louis XVI à Versailles.

On observe également une évolution du titre : de peintre et doreur ordinaire du Roi en 1765, elle devient en 1775 peintre et doreur ordinaire du Garde-Meuble de la Couronne, signe d’une intégration administrative plus formalisée.
Contrairement à d’autres métiers plus utilitaires, de nombreuses œuvres de la veuve Bardou subsistent aujourd’hui, offrant un témoignage rare de l’activité d’une femme à la tête d’un atelier d’importance au cœur du système versaillais.

Sources :
Archives Nationales, minutier central des notaires.
Au service de la cour, Arisans, savoir-faire excellence à Versailles au 17e et 18e siècle, centre de recherche du chateau de Versailles.
Base des collections du chateau de Versailles

mercredi 26 août 2026

Pierre Brizard (1737-1804) menuisier en siège


Cet artisan du bois fut reçu maître le 22 juillet 1772.

Il était le cousin germain du menuisier Sulpice Brizard, et par son mariage avec Louise-Françoise Nadal, le beau frère des menuisiers Nadal et Séné. Il se forma probablement dans l'un de ces ateliers familiaux.
Il hérita de son beau-frère Jean-Baptiste-Claude Sené et du menuisier Michel Cresson.

Son estampille :






Il exerça d'abord rue de Clery ou il posséda à compter de 1777 une maison acquise auprès de Michel Cresson, ancien officier du roi et ancien maître menuisier. Il migra ensuite rue de l'échiquier puis enfin rue de Hautefeuille.

Sa rare production connue se composent de sièges le plus souvent sobrement moulurés et peu sculptés allant du style Louis XV à Louis XVI.

Il livra probablement la cour de France via les boutiques royales ou en sous-traitance d'importantes commandes passées à des confrères comme les Foliot dont il reprit les gabarits et modèles.
Une chaise d'époque Louis XV estampilléE provenant de Fontainebleau sous l'ancien régime est conservée au Mobilier National.
 

Chaise exécutée par Pierre Brizard portant la marque F N°740 F COURONNE N°761
Versée au Mobilier national, le 28 juillet 1986, dans une paire, par l'Institut géographique national.
Ce modèle reprend les chaises livrées par les Foliot pour le service des maisons royales vers 1760.

Il décéde le 2 septembre 1804.

Sources :
Archives Nationales, Minutier central des notaires.
Familleparisiennes.org.
Les ébénistes du XVIIIe siècle... François de Salverte.
Le mobilier français du XVIIIe siècle... Pierre Kjellberg.
Le mobilier français du XIXe siècle 1795-1889... Denise Ledoux-Lebard.

Sulpice Brizard dit l'ainé (1733- après 1805) , maître menuisier en 1762


Né vers 1733, cet artisan du bois est le fils de Pierre Brizard, marchand de vins à Versailles, demeurant en 1759 à Chouanville, paroisse de Mercoussis, et de feue Catherine Le Comte.
Son frère prénommé Pierre fut marchand de vin et cabaretier à Versailles, rue des Mauvais Garçons, paroisse Saint-Louis.
Il eut également un cousin germain menuisier prénommé Pierre (1737-1804), reçu maître en 1772, beau frère des menuisiers Nadal et Séné.

En 1759, il est cité comme compagnon menuisier en meubles à Paris, quartier de la Halle, Cour des Miracles, paroisse Saint-Sauveur. 
Ayant épousé en 1761 Marie-Geneviève Meunier (morte en 1796), fille de Jean-Baptiste, menuisier de son état, il acquiert la maîtrise le 13 février 1762, selon les conditions de faveur accordées aux gendres de maîtres.
Il en aura eu 8 enfants survivants sur 18, dont Philippe-Sulpice, associé dans l'atelier paternel en 1795 et Jean-Marie établi comme maître tapissier en 1796.

Son estampille
Il installa son atelier Rue de Clery vers 1765. En décembre 1781, il rachetait le stock de son confrère François Foliot. 
Il est toujours en activité en 1799 et cité dans l’Almanach du commerce.
Il meurt après 1805 ou il est dit âgé de 72 ans lorsqu'il demande son admission à l’hôpital des Incurables à Paris.

Sulpice Brizard fournit la Couronne dans les premières années du règne de Louis XVI, en particulier la reine marie Antoinette au travers de son garde-meuble privé.
Le Mobilier National conserve de lui de sobres chaises de service portant les marques royales de Saint-Cloud (vers 1788 ?) et de Fontainebleau.
Il apparaît également comme fournisseur du duc de Penthièvre, certains de ses sièges portant la marque au feu de chateauneuf sur Loire, ainsi que du prince de Vaudemont via son confrère le tapissier François Houdon.

Menuisier au style inventif, fin et raffiné, il évolua d’un style Louis XV sobre au Louis XVI le plus affirmé. Ses sièges transition et Louis XVI présentent des recherches formelles et décoratives très personnelles.
Des œuvres de ce menuisier sont conservées au Louvre, à Versailles, aux Musées des Arts décoratifs et Carnavalet (Paris), au Mobilier National entre autres institutions.

Sources :
Archives Nationales, Minutier central des notaires.
Familleparisiennes.org.
Les ébénistes du XVIIIe siècle... François de Salverte.
Le mobilier francais du XVIIIe siècle... Pierre Kjellberg.
Le mobilier français du XIXe siècle 1795-1889... Denise Ledoux-Lebard.

jeudi 30 juillet 2026

Denis Louis Ancellet (1735-1823), maître ébéniste


Cet artisan du bois, né vers 1735, était le fils Louis Ancellet, marchand de foin à Nogent (mort avant 1776) et de Marie-Madeleine Noury.
Denis Louis Ancellet, d'abord artisan libre au faubourg Saint-Antoine, fut reçu maître ébéniste le 3 décembre 1766.
En 1767, il prenait à bail pour neuf ans un logement rue de Charenton, moyennant 300 livres de loyer annuel. Il y vivait déjà avec Marie-Geneviève Grigant ou Grigaut, sa première épouse.
En 1776, il prenait en alloué pour 4 ans Jean-Jacques Normand, âgé de 13 ans.
En 1779, il prenait en apprentissage pour 4 ans Pierre Bardin, fils d'un employé aux fermes.
Après avoir résidé rue de Charenton jusque vers 1780, il transféra son établissement rue Saint-Nicolas avec un bail de bâtiments et boutique moyennant 660 livres de loyer par an.
A cette date, il est remarié avec Marie-Antoinette Martin.
Il fut élu député ou conseiller de sa corporation dans les dernières années de l'Ancien régime. 
En 1787 et 1788, il est créancier des tapissiers Presle et Law en faillite.
En 1788, avec l'ébéniste Feurstein, il fit l'estimation du fonds de feu son collègue Bernard Nicolay, rue de Charenton.
En 1793, il fit un troisième mariage avec Marie Brigitte Occident.
Il devint alors parallèlement membre du comité des quinze-vingt puis juré des affaires criminelles.
En 1803, il était créancier de l'ébéniste Mennesson.
En 1804, il mariait sa fille Félicité Ancellet avec l’ébéniste Jean Louis Dujardin, installé au 20, rue du Faubourg-saint-Antoine.
En 1814, il est créancier lors de la faillite de l’ébéniste Magnien.
Il décéde le 3 novembre 1823 laissant comme seul héritier un fils prénommé Charles-Louis-Auguste.

Son estampille




Il produisit surtout des pièces de fabrication courante que les marchands lui achetaient en grand nombre. Il commença par des meubles de style transition puis essentiellement Louis XVI.
Ce bon artisan ne semble s'être jamais lancé dans la fabrication de meubles exceptionnels même si il peut avoir collaboré un temps avec son confrère Weisweiler sur des meubles plus riches portant leur double estampille.
Presque toute sa production consiste en des meubles d'acajou soigneusement traités, dans un style sobre un peu froid et sec.
Sa spécialité est la production de tables à jeux. Il a aussi fabriqué des tables à écrire, toilettes d'homme, tables bouillottes ou commodes, de petits coffrets ou des consoles. 
Il pratique peu la marqueterie, sauf pour de sobres incrustations de filets ou de motifs discrets. 

Ses talents furent employés pour le service du Roi. Au printemps de 1791, quand Louis XVI forma le projet de se rendre à Saint-Cloud, il fit mettre le château en état de recevoir la Cour.
Ancellet reçut alors du Garde-meuble la commande d'une soixantaine d'ouvrages dont plusieurs commodes et secrétaires garnis de cuivres dorés valant ensemble 3 109 livres.
Il s'agirait de la dernière commande du garde-meuble. Aucune œuvre royale n’a été identifiée à ce jour dans l’œuvre de Ancellet.
A la révolution, il fit quelques réparations de mobilier pour le garde-meuble national et livra des meubles pour le ministère de l'Intérieur en 1796-1797.
Il continua sa carrière auprès du garde-meuble impérial en livrant des bureaux, serre-papiers et tables en bois noirci en 1811 et 1813 parmi les commandes d'ébénisterie faites pour employer les ouvriers manquant de travail.

Le Mobilier National conserve quelques meubles d'époque Louis XVI de cet ébéniste dont certains portent la marque du château des Tuileries sous la Restauration des Bourbons.

Coiffeuse d'homme estampillée de Ancellet
portant la marque des Tuileries sous la Restauration
(c) Mobilier National

Sources :
Archives Nationales, minutier central des notaires
Les Artistes décorateurs du bois... 
Henri Vial, Adrien Marcel et André Girodie - 1912-1922
Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - 1934
L'art et la manière des maîtres ébénistes français au XVIIIe siècle - Jean Nicolay -1976
Le Mobilier français du XIXe siècle - Denise Ledoux-Lebard - 2000
Le Mobilier Français du XVIIIe siècle - Pierre Kjellberg - 2008



lundi 13 juillet 2026

Michel Gourdin dit le Jeune (v.1724-1797), menuisier de la dauphine et du garde-meuble

Fils cadet du menuisier Jean Gourdin et frère de Jean-Baptiste, Michel Gourdin dit le Jeune obtint ses lettres de maîtrise le 3 mai 1752 et travaille rue de Clery pendant une trentaine d'années.
Il épousa en 1757 Marie-Anne Masson, fille d'un maçon de Beauvais en Picardie, mais n’en eut aucun enfant pour reprendre son atelier.
La même année, il prenait en apprentissage pour 6 ans Jacques Dinet, puis Jean Druant l'année suivante. 
Excellent artisan, il a produit des beaux sièges dans le style rocaille, transition puis Louis XVI.

Son estampille : 






Après avoir travaillé pour la dauphine Marie-Josèphe de Saxe vers 1760, il livre, entre 1770 et 1772, un ensemble de meubles de menuiseries pour le service de la chambre de la dauphine Marie Antoinette, probablement via son garde-meuble privé. En 1777, il devient l'un des fournisseurs du Garde-Meuble.

Il réalisa du mobilier pour le Maréchal de Contades, la duchesse de Charost et le Marquis de Poyanne.
Il a également livré au prince de Condé pour le palais du Temple un ensemble de 6 fauteuils, qui après avoir été la propriété du duc d'Orléans au Château d'Eu, est à présent conservé à la Wallace Collection.

























Son travail est visible, entre autres, au Louvre, au château de Windsor, dans la collection Wrightsman au Metropolitan Museum de New york.

Deux sièges à la belle sculpture florale, sans historique ancien régime, mais dont l'un porte la marque au fer du palais des Tuileries sous l'Empire, ont été déposés à Versailles par le Mobilier National :


également au Mobilier National, une paire de fauteuil cabriolet en hêtre mouluré estampillée de Gourdin, datable vers 1760, porte la marque des Tuileries sous la Restauration des Bourbons au 19e siècle.
Ce type de siège courant meublait des appartements de service ou de courtisans dans les demeures royales au 18e siècle.
Des fauteuils de modèle quasi-identique, estampillés Boulard et livrés à Versailles au 18e siècle, sont exposés dans l'appartement de M. Maurepas.

dimanche 12 juillet 2026

Jacques-Antoine Leclerc (1744-1792), maître ébéniste en 1779

Né en 1744, cet marchand-ébéniste parisien, reçu maître le 29 septembre 1779 exerça rue du Faubourg-Saint-Antoine, puis rue des Barres et enfin dans la cour de la Juiverie près de la Bastllle.
Son frère Jean-Baptiste-Henry Leclerc (mort vers 1783) fut également ébéniste, installé rue de Reuilly.
En 1785, il prenait en apprentissage Antoine Combat, fils de maçon.

Il produisit principalement des meubles Louis XVI de bonne facture, utilisant le bois de Rose et de Violette, le Satiné, l’Acajou ainsi que des panneaux de laque de Coromandel.
On retrouve son estampille sur des secrétaires, des commodes, divers petits meubles.
Il meurt à Paris le 30 janvier 1792.

Son estampille






Par le hasard des achats du Mobilier National, une oeuvre de cet ébéniste est exposée dans une des chambres de la présidence au Trianon sous bois :



Table bouillotte d'époque Louis XVI
Estampille de Jacques-Antoine Leclerc
N° d’inventaire GME 15654
Achat Dubreuil pour le Mobilier national le 04/12/1984

ce type de table tire son nom du jeu de la "bouillotte", une sorte de poker très apprécié sous le règne de Louis XVI. Ce jeu se pratiquait sur une petite table ronde ou un guéridon avec plateau en marbre.

Cette table travaillée en différentes essences de bois s'ouvre en ceinture supérieure par des tiroirs et parfois des tirettes. Elle repose sur quatre pieds fuselés cannelés ou en gaine plaqué, avec parfois une tablette d'entrejambe. Les tables bouillottes d'époque possédaient toutes des roulettes.

La lampe bouillotte doit également son nom à ce jeu fameux sous Louis XVI.
Pour éclairer les joueurs réunis autour du guéridon au plateau en marbre, on y plaçait une lampe en bronze doré avec abat-jour en tôle, réglable. 
Ce luminaire rencontra un vif succès et fut utilisé par la suite en lampe de bureau ou lampe de chevet.