dimanche 25 octobre 2026

Jean-Baptiste Chevillon (vers 1710-1758), Peintre ornemaniste à la manufacture des Gobelins et de la Savonnerie


Né vers 1710, Jean Baptiste Chevillon était le fils de Claude Chevillon, cocher parisien, et de Marie Lefebure.
En 1734, il épouse Marie-Louise-Marguerite Aymard, également ortographié Emard (morte en 1786), fille de fermier.
Il est cité maître peintre, rue du Chantre en Paris en 1736. Il fut reçu à l'académie parisienne de Saint-Luc dont il fut directeur.
Il aura un fils prénommé Claude Michel devenu également peintre à l'académie de Saint-Luc en mai 1761,
et probablement un second fils prénommé Jean-Louis, recu peintre à l'académie de Saint-Luc en mai 1758,
ainsi qu'une fille Marie-Louise-Marguerite, mariée à Jean-Baptiste Le Chantre, peintre de de la même académie.
Il meurt en août 1758 rue Meslée à Paris.

Vers 1749, Il fut employé aux Gobelins pour peindre des cartons d'encadrement (alentours) des tentures de la manufacture royale.
On garde ainsi la trace de modèles de bordures de tapisserie pour les gobelins en 1749, payés 650 livres,
Le mobilier national conserve les cartons partiels attribués à Chevillon livré en 1749 pour la tenture de l'histoire de Jason.



Il livra ensuite les bordures d'ornement de la tenture des scènes d'opéra, de comédie et de tragédie dite tenture de Dresde, destinée à la reine de Pologne en 1750, payé 2 037 livres, commande partagée avec les peintres Ladey puis Tessier pour les fleurs, sous la direction de Oudry, l'ensemble payé 3 437 livres.
La maquette de Chevillon est conservée au Musée des arts décoratifs (non illustrée).
La tenture fut retissée pour le duc de Choiseul-Praslin en 1764 ou l'on modifia les armes royales en haut et la bordure inférieure.



A titre de commande privée, il exécuta aux Gobelins les dessins d'un ameublement destiné à Mme de Pompadour, composé de 2 canapés, 8 fauteuils et un écran.

En 1750, Chevillon figure parmi les artistes qui sollicitèrent, à la manufacture royale de la Savonnerie, la succession du peintre Pierre-Josse Perrot décédé et dont il se dit l'élève.
Finalement engagé par la manufacture, il conçut notamment des modèles de tapis, certains destinés au Pavillon du Treillage et au Pavillon du Jardin Français de Trianon.
Un projet de 1754 réalisé par Jean-Baptiste Chevillon pour le Pavillon français du jardin particulier du roi à Trianon est connu.
Le dessin porte les annotations « bon à choisir » et « approuvé », cette dernière ayant été portée personnellement par le roi Louis XV.



Il réalisa un autre modèle en "camailleux vert" pour le salon frais de Trianon.
Ce dernier modèle de tapis de Savonnerie lui fut payé en 1756 au prix de 2400 livres.

Peut-être y a-t-il au Mobilier National une reprise avec variante de ce tapis du pavillon français de Trianon ? 
on y retrouve manifestement des citations de quelques ornements de la maquette supra...



Un autre tissage avec variantes de ce tapis en meilleure condition est passée en vente chez Sotheby's,
également attribué à Chevillon et à son confrère Tessier pour les fleurs.



Sources :
Paris, Archives Nationales.
Fernand Engerand, Inventaire des tableaux commandés et achetés par la Direction des Bâtiments du Roi ... 1901
Maurice Fenaille, Etat général des tapisseries de la Manufacture des Gobelins ... 1907
Jules Guiffrey, Histoire de l'Académie de Saint-Luc , 1915
P. Verlet, The Savonnerie: The James A. de Rothschild Collection at Waddesdon Manor, Paris, 1982
S. B. Sherrill, Carpets and Rugs of Europe and America, New York, 1996
Jean Vittet, Les Gobelins au siècle des lumières, Paris, 2014

lundi 19 octobre 2026

Pierre Achard (vers 1748-1833), maitre menuisier à Grenoble en 1784


Issu d'une famille de sculpteurs, il est baptisé le 26 mai 1748 à Lenchâtre en Isère, fils de Pierre, menuisier, et de Jeanne Aimard,
Installé à Grenoble, il se forma dans l'atelier du menuisier François Froment en 1772.
Il épousera le 7 juin 1774 Marie Barbassat-Maison-Neuve.
Reçu maître le 3 août 1784, il ouvrira atelier et boutique à Grenoble. Il exercera jusque vers 1823. 
Il décéde le 6 février 1833.

Son estampille

Il produisit des sièges de styles Louis XVI tardif et Directoire.
On retrouve certaines de ses productions dans sa région d'origine comme le palais de justice de Grenoble, à l'institut de recherche de géologie, au musée de Grenoble en dépôt au château de Vizille, au château de Longpra.



jeudi 1 octobre 2026

Jean Boucault (1705-1786), maître menuisier le 7 avril 1728


Fils du menuisier Louis Boucault, il fut reçu maître le 7 avril 1728.
Après avoir obtenu sa maîtrise, il s'installa rue de Cléry dans une maison appartenant à Nicolas Tilliard.
De 1738 à 1760, il fit partie de la jurande de sa communauté et fut marguillier de sa paroisse Notre-Dame de Bonne-Nouvelle.



L'inventaire de son atelier après la mort de sa femme Marie Geneviève Toffier en 1737, dressé par Charles Cresson et Nicolas Foliot, décrit dix établis et de nombreux sièges à rouleaux.
Il se remaria peu après avec Catherine Reuse ou Reuze, parente du menuisier François Reuze, fournisseur du garde-meuble de la Couronne.
Après avoir exercé avec succès pendant plus d’un demi-siècle, il se retira des affaires en 1780 et alla terminer ses jours dans une maison qu’il avait achetée à l’entrée de la rue du Faubourg-Saint-Martin ou il mourut le 22 janvier 1788.
Son fils Jean-Baptiste et son neveu Guillaume auraient repris un temps son atelier.

Bien que son activité dura plus de cinquante ans, le nombre de ses ouvrages estampillés ne semble pas trés abondant.
Sa production de sièges courants de style Louis XV, Transition et louis XVI est de belle qualité, sobrement moulurée et sculptée.
Certaines de ses œuvres d'une grande originalité et richement décorées le hisse cependant parmi les grands menuisiers de son époque aux côtés des Tilliard, Foliot ou Heurtaut.
Pour certaines pièces d'exception, il collabora avec le sculpteur sur bois Jean Valois.

Le duc de Choiseul fut l'un de ses clients les plus importants. Boucault fournit ainsi en 1763 le lit, les fauteuils et l'ottomane pour la chambre du duc en son hôtel de la rue de Richelieu. Cet ensemble fut doré par Louis Aubry (maître en 1774) et était couvert de basin brodé l'été et de damas bleu broché l'hiver. Ce mobilier est reproduit sur la célèbre boîte Choiseul peinte par Louis Nicolas van Blarenberghe vers 1770-1771.

la chambre de M. de Choiseul au damas d'hiver



Jean Boucault fournit également au duc, pour le Grand Salon de Compagnie du même hôtel, les sièges meublants à châssis et un fauteuil en cabriolet au prix de 2.500 livres.
Il fut également un fournisseur régulière de Louise-Elisabeth de France, duchesse de Parme, ou du prince Camille de Lorraine qui lui devait en 1762 la somme de 2.249 livres.

Paire de chaises livrée pour la cour de Parme



Ce menuisier ne semble pas avoir été fournisseur direct du garde-meuble de la Couronne mais un autre de ses ensembles mobiliers réalisé dans les années 1770, provenant peut-être de chez Choiseul, fut acquis d'occasion pour meubler le marquis de Breteuil à Versailles.

Paire de bergères provenant du mobilier Breteuil à Versailles


Œuvres en collections publiques :

Louvre, Musée Carnavalet, Musée des Arts décoratifs (Paris), Versailles.
Paul-Getty Museum (Malibu), Musée Nelson Atkins (Kansas City)...

l'ensemble de fauteuils et canapé Louis XV vers 1758 
conservé au Louvre (ancienne collection Walter-Guillaume)




Bibliographie :
Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - Les éditions d'Art et d'Histoire - 1934
B. Pallot, L’Art du siège au XVIIIe siècle en France, Courbevoie, 1987
Jean Boucault : maître menuisier en sièges à Paris au XVIIIe siècle - Marie-Maud Levron - 1997
Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle - Pierre Kjellberg - Les Editions de l'Amateur - 2008

mardi 29 septembre 2026

Ferdinand Bury dit Ferdinand (1740-1795), ébéniste, reçu maître en 1774


D'origine allemande, devenu maître à Paris le 27 juillet 1774, cet ébéniste s’installa en haut de la rue de Charonne dans l’ancien lieu-dit écart de Fontarabie.

Son estampille


Il produisit quelques meubles de style transition puis essentiellement Louis XVI au style classique, sobre et élégant.
Il a utilisé des marqueteries géométriques très caractéristiques, des placages en acajou et en bois jaune, et plus rarement des panneaux de laque du japon.
A côté de cette production classique, il réalisa des meubles plus originaux comme des tables à mécaniques, guéridons à crémaillères, vide-poches et coffres à secret...


Commode estampillée Bury et Riesener, marque de Versailles
Musée du Louvre, en dépot à l'hotel de la Marine

Il a livré le garde-meuble de la Couronne sous le règne de Louis XVI.
Outre la commode du Louvre, il existe un petit bureau à cylindre et une petite table à volets portant la marque du château de Versailles ainsi qu'une console aux marques des Tuileries.
Le Mobilier national conserve également une commode aux marques de Compiègne.
Il travaillait en collaboration avec les ébénistes Tuart père et fils puis en sous-traitance pour Riesener ainsi que le laisse supposer leurs estampilles conjointes trouvés sur certains meubles.


Commode de Bury portant la marque de Compiègne
Mobilier National

Le 29 octobre 1789, il déposait son bilan qui annonçait à l'actif 3.360 livres de meubles à vendre et 3.600 livres de bois, baguettes, cuivres, etc. Une partie de ses bronzes provenaient de l’atelier du ciseleur Antoine Ravrio.
En 1790, il fournissait encore des tables à gradin et des tric-trac aux ébénistes Frost et Cie.
Il meurt à Paris le 20 janvier 1795.


Paire de tables vide-poches à volets estampillée Bury,
l'une portant la marque VV de Versailles

Sources :
Base collections du Louvre et du Mobilier National  
Les Artistes décorateurs du bois, Henri Vial, Adrien Marcel et André Girodie
Les Ébénistes du XVIIIe siècle, leurs oeuvres et leurs marques, comte François de Salverte
Le Mobilier français du XVIIIe siècle, Pierre Kjellberg
Maisn de vente Sotheby's

mercredi 16 septembre 2026

Etienne II Dieudonné, maître menuisier en 1740

Etienne II Dieudonné , reçu maître menuisier le 27 juin 1740, appartenait à une grande famille d'artisans parisiens. 
Il était probablement le fils de Claude Etienne I Dieudonné, dit Chatillon, maître menuisier rue de Clery, cité comme juré de sa corporation entre 1738 et 1740, et de Anne Marie Delacour (morte en 1737).
Il eut deux frères prénommés Charles et Germain, exerçant la même profession.
Installé rue de Cléry, il épousa Marie-Madeleine Querelle dont il eut deux fils menuisiers : 
Claude Dieudonné (1739-vers 1780) maître en 1765 et Etienne III Dieudonné maître en 1768.
Il meurt avant 1756.

son estampille :


Il se spécialisa dans la fabrication de sièges et de bois de lit de style Louis XV-rocaille aux lignes larges et robustes, de belle qualité. 
Pour ses sculptures extrêmement soignées, il eut recours à deux maîtres artisans sculpteurs sur bois renommés, François Boudoux et Charles Régnier, membres de l’Académie de Saint-Luc.


Paire de fauteuils cannés en bois mouluré sculpté et doré 
estampillés E. Dieudonne d'époque Louis XV

Sources : 
Archives Nationales,minutier central des notaires
Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle - Pierre Kjellberg - Les Editions de l'Amateur - 2008
Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - Les éditions d'Art et d'Histoire - 1934

mardi 8 septembre 2026

Nicolas Sageot (1666-1731), maitre menuisier ébéniste vers 1706


Fils du vigneron Jean Sageot et de Claudine Thierry, Nicolas Sageot naquit à Sermaize-en-Champagne en 1666.
Il travailla d'abord sans doute comme ouvrier libre dans le faubourg Saint-Antoine vers 1698 puis il est reçu maître menuisier en ébène à Paris vers 1706 et s'établit à l'enseigne du « Soufflet royal » rue de la Roquette, face à la Bastille.
Entre 1698 et 1712, il aura de nombreux compagnons, apprentis dont les ébénistes Claude Coutant, Michel Marin Caille, Nicolas Fouraux, Denis Philibert Gadreaus, frère d'Antoine ébéniste royal, Thomas Jean, Claude du Harlay, et des alloués dont Georges Moreau, frère d'un cabaretier, Pierre François puis Jean Chevalier, fils de pâtissier, François Maflart, fils de voiturier, Charles Vion, fils de chandelier, Pierre Parquoy, fils d'ouvrier de la manufacture des glaces, Nicolas Fourneau, fils de gagne-denier...

En 1711, il épousa Marie-Brigitte Roussel (morte vers 1729), fille de l'ébéniste Jacques Roussel, dont il aura :
- Marie-Nicole (née vers 1712-1760), mariée à Etienne Guillaume de La Fosse, maréchal des forges de la petite écurie du roi,
- Charles-Joseph (née vers 1717-mort avant 1772), marchand chaudronnier, marié à Marie-Catherine Goyon,
- Louise (née vers 1720)
- Claude-Eléonore (mort avant 1793), marchand épicier, marié à Louise Postelle.

Fortune faite, il cessa volontairement son activité et vendit son stock en 1720 à Léonard Prieur, installé rue Saint-Sauveur, et ses bois au marchand Claude François Maiguet. 
Ayant placé ses fonds en rentes viagères, il sera ruiné par la faillite du banquier Law.
Atteint d’une maladie mentale, il sera interdit à cause de sa démence par sentence du 22 septembre 1725.
Il entra dans une institution à Charenton où il resta jusqu'à sa mort survenu en janvier 1731.

Aux côtés d'André Charles Boulle, il est considéré comme l'un des plus importants ébénistes de son époque.
Nicolas Sageot se spécialisa dans les riches bureaux, commodes, armoires et bibliothèques en marqueterie de métal et d’écaille dite «Boulle».
Contrairement à André-Charles Boulle, Sageot utilisait généralement l'écaille de tortue rouge dans ses œuvres au lieu du l’écaille brune. Il se fournissait cependant probablement auprès de marqueteurs spécialisés, comme Toussaint Devoye, et adaptait certains panneaux sur ces meubles.
C'est la raison pour laquelle on trouve des motifs identiques et attribuables à sa production sur différents meubles.

M. de Salverte mentionne une estampille de "N/SAGEOT" accompagnée d’un monogramme "JME".
Il existe également une estampille ronde "NICOLAS SAGOET" (sic) et des initialies NS, les œuvres qui les portent sont sans aucun doute attribuables à Sageot.
Peu d'œuvres sont cependant estampillées mais elles peuvent lui être attribuées par comparaison avec celles qui le sont ainsi que par le type de marqueterie spécifiques empruntées au répertoire des œuvres gravées de Jean Bérain.

Aucun trace tangible n'existe de livraisons auprès du garde-meuble de la Couronne.

Des œuvres de Sageot sont conservées dau musée national de Château de Versailles, au musée du Petit Palais, au palais du roi à Stockholm, au musée national de Bavière à Munich, à la résidence Ansbach, au musée Victoria & Albert à Londres, à la collection Wallace, au Rijksmuseum d'Amsterdam et à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg.
le musée du Grand siècle a acquis en 2023 un bureau attribuable à Sageot.

Sources et bibliographie : 
- Archives nationales, minutier central des notaires
- Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - Les éditions d'Art et d'Histoire - 1934
- Le Mobilier Boulle et les ateliers de l'époque Louis XIV, -Pierre Grand, L'estampille -L'objet d'art, février 1993.
- Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle - Pierre Kjellberg - Les Editions de l'Amateur - 2002
- les artisans décorateurs du bois au faubourg saint-antoine sous le régne de Louis XIV - Daniel  Alcouffe - Edition Faton - 2008

vendredi 4 septembre 2026

Etienne Avril l'aîné (1748-1791), reçu maitre ébéniste en 1774


Cet artisan du bois naquit en 1748 et mourut à Paris le 24 juin 1791.
Il était le fils de Pierre Avril, cocher à Paris, et le frère de Pierre Avril (mort en 1806).
Il est cité compagnon menuisier dès 1765. Il est reçu maître le 23 août 1774, on l’appelait Avril l’Aîné pour le distinguer de son frère Pierre également ébéniste.

Son estampille


Pendant la majeure partie de sa carrière, il demeura rue de Charenton, au coin de la rue Moreau, puis vers 1788, céda cet atelier à son frère pour exploiter d’importants magasins sur le boulevard de la Porte du Saint Antoine.
L' étiquette de son magasin était ainsi rédigée :
"Avril l'Ainé/Mtre Ebéniste/Boulevard St Antoine vis-à-vis le Pavillon de Mr de Beaumarchais./Tient Magasin d'Ebénisteries./Cy-devant rue Charenton."

En 1787, il prenait en apprentissage pour 4 ans Aubain Simmonet, 16 ans, fils d'un bourgeois de Château-Thierry.

Il mourut en juin 1791. Son important stock de marchandises fut dispersé aux enchères lors de trois ventes de plusieurs jours chacune qui rapportèrent 18 406 livres.
Sa veuve Marie-Louise Alavoinne vivait alors toujours dans la maison du cul de sac de la rue Jean-Beausire et du boulevard de la porte Saint-Antoine.

Il produisit dans le style transition puis essentiellement Louis XVI de nombreuses commodes, consoles, bibliothèques, secrétaires et chiffonniers en acajou et bois des indes sobrement rehaussées de filets et baguettes de bronze doré et des meubles plus recherchés comme des tables de chevet fermant à coulisse en dos de livres.

Il réalisa des meubles pour la Cour. Il livre en particulier pour l'appartement de Marie Antoinette à Saint Cloud.
Il fournissait également des confrères comme l'ébéniste Etienne Lhermitte, des marchands dont Prudot et Gabard, ainsi que François Thomas, tapissier du comte de Provence.
Parmi ses fournisseurs, on trouve Philippe Malot, ébéniste, et la famille de bronziers Forestier.

Parmi ses réalisations exceptionnelles, on trouve une armoire basse à deux portes à plaques de porcelaine qui passa longtemps pour une commande de la reine Marie-Antoinette.
Il s'agit en fait d'une saisie révolutionnaire chez le comte Clermont d'Amboise.



outre cette armoire, peu d’œuvres de cet ébéniste sont conservées en collections publiques. 
Le Mobilier national possède de lui un bureau plat, un chiffonnier et un bonheur du jour, le musée Marmottan, une petite armoire à deux tiroirs et le Musée des Arts décoratifs de Lyon, une table chiffonnière ovale à tablette d'entrejambe.

Sources et bibliographie :
Archives nationales, minutier central des notaires
Etienne Avril un ebeniste à la veille de la Révolution - Isabelle Vetois - L'estampille Objet D'Art, n° 242, Décembre 1990.
Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle - Pierre Kjellberg - Les Editions de l'Amateur - 2002
Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - Les éditions d'Art et d'Histoire - 1934
L'art et la manière des maîtres ébénistes français au XVIIIe siècle - Jean Nicolay - édition Pygmalion - 1976

mercredi 2 septembre 2026

Jérome Burgeat, horloger à Versailles au 18e siècle


Sous l'ancien régime, la ville de Versailles attira de nombreux artisans dans ses murs, en voici un qui a exercé au 18e siècle mais pour lequel je n'ai pour l’heure pas beaucoup informations probantes. 
La date de maîtrise de l'horloger Jérome Burgeat n'est pas connue. Etabli à Versailles, on retrouve sa signature sur le mouvement de pendules d'époque Louis XV, ainsi que sur une montre conservée au Louvre.
Il exerçait probablement encore sous Louis XVI ou l'on trouve le sieur Burgeat, horloger, place Saint-Louis, syndic de sa communauté en 1777.
Au regard des pendules connues, il travailla avec des bronziers et ébénistes parisiens de renom, avec des caisses d'ébénisterie plaquées de corne, de marqueterie Boulle ou entièrement en bronze doré ce qui laisse supposer une clientèle aisée.
De par sa proximité, livra-t-il également la cour via les menus plaisirs ? 

Parmi ses fournisseurs de caisses d'horlogerie, on trouve l'ébéniste Adrien Dubois (1715-1757) qui se forme dans l'atelier de Bernard I Van Riesenburgh,le père ou il devient le chef d'atelier en 1738.
Il reçoit la maîtrise en 1741, s'installe dans le Faubourg Saint-Antoine et se spécialise dans la réalisation de caisses horlogères, avec succès.


Pendule- cartel en placage de corne verte 
Cadran et mouvement signés BURGEAT à Versailles, 
la caisse estampillée DUBOIS. Epoque Louis XV.
Haut. : 82 cm - Larg. :37 cm - Prof. :15 cm

Autre œuvre au mouvement signé de cet horloger avec une caisse rocaille d'époque Louis XV, estampillé de Antoine Foullet, maître en 1749, mort en 1775, ébéniste spécialisé en caisse d'horlogerie et père de l'ébéniste Pierre Antoine Foullet, fournisseur de la cour.



Voici enfin un beau modèle rocaille tout en bronze doré de la première moité du règne de Louis XV :



Selon une information traditionnellement reprise sur le marché de l'art mais qui reste à confirmer par des documents d'archives, le modèle de ce cartel fut dessiné en 1728 par le marquis Henri-Camille de Beringhen (1693-1770), premier écuyer du Roi, et était destiné à être placé au chevet du lit de Louis XV à Versailles.
Pour ce faire, il demanda à Nicolas Le Sueur, maître fondeur et marchand à Paris, d’en exécuter la caisse doré d’or moulu et chargea, pour le mouvement, l'horloger du roi Julien II le Roy (1686-1759).
Le cartel de Louis XV fut achevé en 1734.
Le succès rencontré par ce modèle conduisit Nicolas Le Sueur à le rééditer à plusieurs reprises. Plusieurs cartels similaires sont donc ainsi répertoriés présentant des mouvements fournis par des différents horlogers dont Jérome Burgeat ici.

mardi 1 septembre 2026

Louis Hyacinthe Delion (1721-1793), reçu maitre menuisier en 1766


Louis-Hyacinthe Delion (1721 - 22 janvier 1793) est un menuisier parisien reçu maître le 4 septembre 1766.
Fils cadet du menuisier Jean Delion qui exerça de 1725 à 1750, il reprit l'atelier de son frère Claude, reçu menuisier en 1757 et mort en 1759, au 44 rue Saint-Sauveur à Paris, ou il exerça.
Il épousera Angélique-Marie Durcau.

Son estampille :

Parmi les homonymes appartenant peut-être à sa parentèle à la même époque, on retrouve :
- Marie-Anne Delion mariée à Edme Chanvin ou Chauvin, reçu maître menuisier le 26 mars 1778 qui habita rues Saint-Landri et de la Juiverie,
- François Delion (mort en 1814), reçu maître menuisier le 22 octobre 1785 qui habitait rue du Chantre, marié en 1787 à Catherine Julienne Derondel.

Certains documents d’archives laissent à penser qu'il s'est principalement consacré à la restauration de sièges. En effet, un ébéniste de ce nom répara des meubles pour le service du Roi au château de Choisy en 1785.
Sa production reste rare, il réalisa essentiellement des sièges sobres et peu sculptés de style Louis XV puis son estampille se retrouve sur des meubles co-signés à l'époque Louis XVI.
Sa marque figure ainsi à coté de celle de Jean-Baptiste Gourdin sur des sièges Louis XV, de Georges Jacob sur des fauteuils Louis XVI et de Denis Jullienne sur deux bergères Louis XVI.

Dans les collections de Versailles, il est connu pour une paire de fauteuils médaillons co-estampillée avec Georges Jacob et portant les marques au fer du garde-meuble privé de la reine Marie Antoinette.



Sources :
Archives nationales, minutier central des notaires
Les artistes décorateur du bois - Henri Vial, Adrien Marcel, André Girodie - Bibliothèque d'art et d'archéologie - 1912
Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle - Pierre Kjellberg - Les Editions de l'Amateur - 2008
Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - Les éditions d'Art et d'Histoire - 1934
Site internet des collections du château de Versailles

lundi 31 août 2026

François Leloutre (mort en 1784) Horloger des Menus Plaisirs du Roi de 1754 à 1781

Cet artisan parisien fut reçu maître en 1741 et devint avant 1754 Horloger des Menus Plaisirs du Roi pour lesquels il travailla jusqu'en 1781.
Il est installé en 1748 rue Richelieu, en 1766 rue de l’Arbre-Sec, en 1769 rue de l’Échelle, en 1772 rue Saint-Nicaise, et enfin de 1778 à 1783 cour des Tuileries.
Il fut marié en 1752 à Anne Mahou puis en 1769 à Françoise Delaterre.
L’inventaire après décès de François Leloutre, horloger du roi, est dressé en 1784 dans son logement du palais des Tuileries, bâtiment de la Cour des Suisses.

Il livra de nombreuses pendules et montres pour le service de Louis XV, des ducs de Bourgogne et de Berry, pour le mariage du Dauphin et du comte de Provence, pour le comte d'Artois, ainsi que pour l'hôtel des Menus-Plaisirs et des cadeaux diplomatiques.


Pendule « au coq chantant » d'époque Louis XVI,
Mouvement signé Le Loutre à Paris.
Modèle de caisse en bronze de Foullet (N°14 du recueil de l'INHA-Doucet)

Le musée de Versailles conserve deux pendules avec mouvement de cet horloger dont l'une livrée à la cour.


Un cartel répondant à ce modèle et du même horloger a été livré en 1759 pour la chambre du duc de Bourgogne au château de Versailles. 
A la mort du prince en 1761, il passa au service de son frère cadet le comte d'Artois qui le conserva jusqu'en 1789.

sont également passé en vente deux pendules présumées livrées à la cour par cet horloger :



Portant la signature de François Leloutre, cette pendule correspond à la description d'une livraison faite par Leloutre pour le comte d'Artois, en 1764 :
" Pendule obélisque ornée de guirlandes, à deux faces visibles dans un miroir, 2000 livres "

Le mécanisme unique de phase de lune au dos est conçu pour se refléter dans un miroir. La signature sur le cadran et reprise par le chiffre « F.L. » (pour François Leloutre) visible sur le boîtier en bronze doré.
Cette pendule est probablement restée dans les collection du comte d'Artois jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, comme l’attestent les archives du dépôt des Fêtes et du Garde-Meuble du Directoire, établies en 1794-1795, où figure une " Pendule de Leloutre, horloger, provenant du Temple ".

Inspiré par le "goût à la grecque", première phase du néoclassicisme en France, la caisse de bronze doré correspond à un modèle dit "en pyramide" dont le dessin est conservé dans un recueil de la Bibliothèque Doucet à Paris, sous le N° 64 donné du bronzier Violet.
Je n'ai pas retrouvé de maître bronzier à cette date, le seul connu est un Jean François Violet ou Viotet décédé en 1757. Peut-il être le créateur de ce modèle produit dans son atelier repris par sa veuve Louise Geneviève Duhamel morte après 1805 ?

et avec plus de réserves  !!!



Cette pendule dans le gout rocaille symétrisé vers 1750-1760, posée en cartel sur socle, présente un cadran et un mécanisme à phases de lune, signé Leloutre à Paris. 
Elle est supposée avoir appartenu à la reine Marie-Antoinette avant d'entrer dans la collection du comte Jean-René-Pierre de Sémallé (1772-1863), page de Louis XVI puis dans sa descendance.
La caisse en bronze doré est un modèle du fondeur Robert Osmond. Une pendule semblable fut livré en 1757 pour le service de Mme Adelaide, fille de Louis XV, à Versailles.

Sources :
Archives nationales, minutier central des notaires.
Tardy, Dictionnaire des horlogers Français
Site des collections du château de Versailles
Verlet, Les bronzes dorés français du XVIIIe siècle
Sotheby's-Paris, vente Doha / Paris, un Décor Princier, 30 juin 2021


jeudi 27 août 2026

La famille Bardou, peintre doreur du roi et du garde-meuble de la couronne


Entre 1765 et 1786, les comptes de la Couronne relatifs aux peintres et doreurs sont largement dominés par l'atelier de la veuve Bardou. Son mari, Gaspard-Marie Bardou, avait fondé l’entreprise et occupait la charge de peintre et doreur ordinaire du Roi ou du garde-meuble avant 1754, année ou il avait épousé par contrat Marie-Catherine Renon. Le couple demeurait à Paris, rue de Clery, paroisse Bonne-Nouvelle.

L’identification précise de ce Bardou demeure discutée :
l'historien d'art Antoine Maës a proposé d’y voir Charles Bardou (né vers 1685), qualifié de peintre et doreur ordinaire du roi dès 1730, mort avant 1754, marié en 1725 à Marie-Marguerite Bouteiller (née vers 1705).
Ce Charles Bardou était cependant très probablement l'oncle paternel de Gaspard-Marie, mentionné dans les comptes de 1764.
Ce dernier aurait donc pu être formé dans l'atelier de son oncle et prendre sa succession au service du garde-meuble royal.
Marie-Catherine Renon, dite veuve Bardou, était mariée depuis 10 ans lorsque son époux mourut vers 1764. Elle reprit l’atelier et en assura la continuité avec succès.

Les lacunes documentaires - une seule boîte de comptes conservée pour 1725-1764 - rendent difficile l’évaluation de l’activité antérieure ; en revanche, la période 1765-1786 atteste d’une entreprise régulièrement employée par la famille royale.
Son atelier travailla pour Louis XV, Marie Leszczyńska, le dauphin et la dauphine, Mesdames, puis pour Louis XVI, Marie-Antoinette, le comte d’Artois et d’autres membres de la Maison royale, dans les châteaux de Versailles, Saint-Hubert, Compiègne, Marly et Fontainebleau.

La production est vaste : sièges, lits, paravents, candélabres, plafonds et dessus-de-porte.
L’atelier ne se limitait pas à la dorure à la feuille, mais pratiquait également le blanchiment et la peinture du bois, l’usage d’argent moulu et l’application de bronzes.
Les montants facturés oscillent le plus souvent entre 10 000 et 20 000 livres par an.
L’année 1770 constitue une exception remarquable : près de 114 000 livres furent facturées, dont 42 000 pour vingt-huit « grands candélabres », surement les torchères ou guéridons destinés à la galerie des glaces pour les festivités du mariage du dauphin.
Parmi les autres travaux d'importance, on peut citer en 1773 la dorure des 12 pliants de la chambre de la comtesse d'Artois à Versailles,
en 1779, la dorure des sièges livrés pour le cabinet doré de la reine Marie-Antoinette à Versailles,
en 1781 la dorure des fauteuils et chaises du menuiser François II Foliot pour le salon du Belvédère au petit Trianon, 
et en 1785 la dorure des chaises, paravent et écran du menuisier Boulard pour le salon des jeux de Louis XVI à Versailles.

On observe également une évolution du titre : de peintre et doreur ordinaire du Roi en 1765, elle devient en 1775 peintre et doreur ordinaire du Garde-Meuble de la Couronne, signe d’une intégration administrative plus formalisée.
Contrairement à d’autres métiers plus utilitaires, de nombreuses œuvres de la veuve Bardou subsistent aujourd’hui, offrant un témoignage rare de l’activité d’une femme à la tête d’un atelier d’importance au cœur du système versaillais.

Sources :
Archives Nationales, minutier central des notaires.
Au service de la cour, Arisans, savoir-faire excellence à Versailles au 17e et 18e siècle, centre de recherche du chateau de Versailles.
Base des collections du chateau de Versailles

mercredi 26 août 2026

Pierre Brizard (1737-1804) menuisier en siège


Cet artisan du bois fut reçu maître le 22 juillet 1772.

Il était le cousin germain du menuisier Sulpice Brizard, et par son mariage avec Louise-Françoise Nadal, le beau frère des menuisiers Nadal et Séné. Il se forma probablement dans l'un de ces ateliers familiaux.
Il hérita de son beau-frère Jean-Baptiste-Claude Sené et du menuisier Michel Cresson.

Son estampille :






Il exerça d'abord rue de Clery ou il posséda à compter de 1777 une maison acquise auprès de Michel Cresson, ancien officier du roi et ancien maître menuisier. Il migra ensuite rue de l'échiquier puis enfin rue de Hautefeuille.

Sa rare production connue se composent de sièges le plus souvent sobrement moulurés et peu sculptés allant du style Louis XV à Louis XVI.

Il livra probablement la cour de France via les boutiques royales ou en sous-traitance d'importantes commandes passées à des confrères comme les Foliot dont il reprit les gabarits et modèles.
Une chaise d'époque Louis XV estampilléE provenant de Fontainebleau sous l'ancien régime est conservée au Mobilier National.
 

Chaise exécutée par Pierre Brizard portant la marque F N°740 F COURONNE N°761
Versée au Mobilier national, le 28 juillet 1986, dans une paire, par l'Institut géographique national.
Ce modèle reprend les chaises livrées par les Foliot pour le service des maisons royales vers 1760.

Il décéde le 2 septembre 1804.

Sources :
Archives Nationales, Minutier central des notaires.
Familleparisiennes.org.
Les ébénistes du XVIIIe siècle... François de Salverte.
Le mobilier français du XVIIIe siècle... Pierre Kjellberg.
Le mobilier français du XIXe siècle 1795-1889... Denise Ledoux-Lebard.

Sulpice Brizard dit l'ainé (1733- après 1805) , maître menuisier en 1762


Né vers 1733, cet artisan du bois est le fils de Pierre Brizard, marchand de vins à Versailles, demeurant en 1759 à Chouanville, paroisse de Mercoussis, et de feue Catherine Le Comte.
Son frère prénommé Pierre fut marchand de vin et cabaretier à Versailles, rue des Mauvais Garçons, paroisse Saint-Louis.
Il eut également un cousin germain menuisier prénommé Pierre (1737-1804), reçu maître en 1772, beau frère des menuisiers Nadal et Séné.

En 1759, il est cité comme compagnon menuisier en meubles à Paris, quartier de la Halle, Cour des Miracles, paroisse Saint-Sauveur. 
Ayant épousé en 1761 Marie-Geneviève Meunier (morte en 1796), fille de Jean-Baptiste, menuisier de son état, il acquiert la maîtrise le 13 février 1762, selon les conditions de faveur accordées aux gendres de maîtres.
Il en aura eu 8 enfants survivants sur 18, dont Philippe-Sulpice, associé dans l'atelier paternel en 1795 et Jean-Marie établi comme maître tapissier en 1796.

Son estampille
Il installa son atelier Rue de Clery vers 1765. En décembre 1781, il rachetait le stock de son confrère François Foliot. 
Il est toujours en activité en 1799 et cité dans l’Almanach du commerce.
Il meurt après 1805 ou il est dit âgé de 72 ans lorsqu'il demande son admission à l’hôpital des Incurables à Paris.

Sulpice Brizard fournit la Couronne dans les premières années du règne de Louis XVI, en particulier la reine marie Antoinette au travers de son garde-meuble privé.
Le Mobilier National conserve de lui de sobres chaises de service portant les marques royales de Saint-Cloud (vers 1788 ?) et de Fontainebleau.
Il apparaît également comme fournisseur du duc de Penthièvre, certains de ses sièges portant la marque au feu de chateauneuf sur Loire, ainsi que du prince de Vaudemont via son confrère le tapissier François Houdon.

Menuisier au style inventif, fin et raffiné, il évolua d’un style Louis XV sobre au Louis XVI le plus affirmé. Ses sièges transition et Louis XVI présentent des recherches formelles et décoratives très personnelles.
Des œuvres de ce menuisier sont conservées au Louvre, à Versailles, aux Musées des Arts décoratifs et Carnavalet (Paris), au Mobilier National entre autres institutions.

Sources :
Archives Nationales, Minutier central des notaires.
Familleparisiennes.org.
Les ébénistes du XVIIIe siècle... François de Salverte.
Le mobilier francais du XVIIIe siècle... Pierre Kjellberg.
Le mobilier français du XIXe siècle 1795-1889... Denise Ledoux-Lebard.

jeudi 30 juillet 2026

Denis Louis Ancellet (1735-1823), maître ébéniste


Cet artisan du bois, né vers 1735, était le fils Louis Ancellet, marchand de foin à Nogent (mort avant 1776) et de Marie-Madeleine Noury.
Denis Louis Ancellet, d'abord artisan libre au faubourg Saint-Antoine, fut reçu maître ébéniste le 3 décembre 1766.
En 1767, il prenait à bail pour neuf ans un logement rue de Charenton, moyennant 300 livres de loyer annuel. Il y vivait déjà avec Marie-Geneviève Grigant ou Grigaut, sa première épouse.
En 1776, il prenait en alloué pour 4 ans Jean-Jacques Normand, âgé de 13 ans.
En 1779, il prenait en apprentissage pour 4 ans Pierre Bardin, fils d'un employé aux fermes.
Après avoir résidé rue de Charenton jusque vers 1780, il transféra son établissement rue Saint-Nicolas avec un bail de bâtiments et boutique moyennant 660 livres de loyer par an.
A cette date, il est remarié avec Marie-Antoinette Martin.
Il fut élu député ou conseiller de sa corporation dans les dernières années de l'Ancien régime. 
En 1787 et 1788, il est créancier des tapissiers Presle et Law en faillite.
En 1788, avec l'ébéniste Feurstein, il fit l'estimation du fonds de feu son collègue Bernard Nicolay, rue de Charenton.
En 1793, il fit un troisième mariage avec Marie Brigitte Occident.
Il devint alors parallèlement membre du comité des quinze-vingt puis juré des affaires criminelles.
En 1803, il était créancier de l'ébéniste Mennesson.
En 1804, il mariait sa fille Félicité Ancellet avec l’ébéniste Jean Louis Dujardin, installé au 20, rue du Faubourg-saint-Antoine.
En 1814, il est créancier lors de la faillite de l’ébéniste Magnien.
Il décéde le 3 novembre 1823 laissant comme seul héritier un fils prénommé Charles-Louis-Auguste.

Son estampille




Il produisit surtout des pièces de fabrication courante que les marchands lui achetaient en grand nombre. Il commença par des meubles de style transition puis essentiellement Louis XVI.
Ce bon artisan ne semble s'être jamais lancé dans la fabrication de meubles exceptionnels même si il peut avoir collaboré un temps avec son confrère Weisweiler sur des meubles plus riches portant leur double estampille.
Presque toute sa production consiste en des meubles d'acajou soigneusement traités, dans un style sobre un peu froid et sec.
Sa spécialité est la production de tables à jeux. Il a aussi fabriqué des tables à écrire, toilettes d'homme, tables bouillottes ou commodes, de petits coffrets ou des consoles. 
Il pratique peu la marqueterie, sauf pour de sobres incrustations de filets ou de motifs discrets. 

Ses talents furent employés pour le service du Roi. Au printemps de 1791, quand Louis XVI forma le projet de se rendre à Saint-Cloud, il fit mettre le château en état de recevoir la Cour.
Ancellet reçut alors du Garde-meuble la commande d'une soixantaine d'ouvrages dont plusieurs commodes et secrétaires garnis de cuivres dorés valant ensemble 3 109 livres.
Il s'agirait de la dernière commande du garde-meuble. Aucune œuvre royale n’a été identifiée à ce jour dans l’œuvre de Ancellet.
A la révolution, il fit quelques réparations de mobilier pour le garde-meuble national et livra des meubles pour le ministère de l'Intérieur en 1796-1797.
Il continua sa carrière auprès du garde-meuble impérial en livrant des bureaux, serre-papiers et tables en bois noirci en 1811 et 1813 parmi les commandes d'ébénisterie faites pour employer les ouvriers manquant de travail.

Le Mobilier National conserve quelques meubles d'époque Louis XVI de cet ébéniste dont certains portent la marque du château des Tuileries sous la Restauration des Bourbons.

Coiffeuse d'homme estampillée de Ancellet
portant la marque des Tuileries sous la Restauration
(c) Mobilier National

Sources :
Archives Nationales, minutier central des notaires
Les Artistes décorateurs du bois... 
, Henri Vial, Adrien Marcel et André Girodie - 1912-1922
Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - 1934
L'art et la manière des maîtres ébénistes français au XVIIIe siècle - Jean Nicolay -1976
Le Mobilier français du XIXe siècle - Denise Ledoux-Lebard - 2000
Le Mobilier Français du XVIIIe siècle - Pierre Kjellberg - 2008



lundi 13 juillet 2026

Michel Gourdin dit le Jeune (v.1724-1797), menuisier de la dauphine et du garde-meuble

Fils cadet du menuisier Jean Gourdin et frère de Jean-Baptiste, Michel Gourdin dit le Jeune obtint ses lettres de maîtrise le 3 mai 1752 et travaille rue de Clery pendant une trentaine d'années.
Il épousa en 1757 Marie-Anne Masson, fille d'un maçon de Beauvais en Picardie, mais n’en eut aucun enfant pour reprendre son atelier.
La même année, il prenait en apprentissage pour 6 ans Jacques Dinet, puis Jean Druant l'année suivante. 
Excellent artisan, il a produit des beaux sièges dans le style rocaille, transition puis Louis XVI.

Son estampille : 






Après avoir travaillé pour la dauphine Marie-Josèphe de Saxe vers 1760, il livre, entre 1770 et 1772, un ensemble de meubles de menuiseries pour le service de la chambre de la dauphine Marie Antoinette, probablement via son garde-meuble privé. En 1777, il devient l'un des fournisseurs du Garde-Meuble.

Il réalisa du mobilier pour le Maréchal de Contades, la duchesse de Charost et le Marquis de Poyanne.
Il a également livré au prince de Condé pour le palais du Temple un ensemble de 6 fauteuils, qui après avoir été la propriété du duc d'Orléans au Château d'Eu, est à présent conservé à la Wallace Collection.

























Son travail est visible, entre autres, au Louvre, au château de Windsor, dans la collection Wrightsman au Metropolitan Museum de New york.

Deux sièges à la belle sculpture florale, sans historique ancien régime, mais dont l'un porte la marque au fer du palais des Tuileries sous l'Empire, ont été déposés à Versailles par le Mobilier National :


également au Mobilier National, une paire de fauteuil cabriolet en hêtre mouluré estampillée de Gourdin, datable vers 1760, porte la marque des Tuileries sous la Restauration des Bourbons au 19e siècle.
Ce type de siège courant meublait des appartements de service ou de courtisans dans les demeures royales au 18e siècle.
Des fauteuils de modèle quasi-identique, estampillés Boulard et livrés à Versailles au 18e siècle, sont exposés dans l'appartement de M. Maurepas.

dimanche 12 juillet 2026

Jacques-Antoine Leclerc (1744-1792), maître ébéniste en 1779

Né en 1744, cet marchand-ébéniste parisien, reçu maître le 29 septembre 1779 exerça rue du Faubourg-Saint-Antoine, puis rue des Barres et enfin dans la cour de la Juiverie près de la Bastllle.
Son frère Jean-Baptiste-Henry Leclerc (mort vers 1783) fut également ébéniste, installé rue de Reuilly.
En 1785, il prenait en apprentissage Antoine Combat, fils de maçon.

Il produisit principalement des meubles Louis XVI de bonne facture, utilisant le bois de Rose et de Violette, le Satiné, l’Acajou ainsi que des panneaux de laque de Coromandel.
On retrouve son estampille sur des secrétaires, des commodes, divers petits meubles.
Il meurt à Paris le 30 janvier 1792.

Son estampille






Par le hasard des achats du Mobilier National, une oeuvre de cet ébéniste est exposée dans une des chambres de la présidence au Trianon sous bois :



Table bouillotte d'époque Louis XVI
Estampille de Jacques-Antoine Leclerc
N° d’inventaire GME 15654
Achat Dubreuil pour le Mobilier national le 04/12/1984

ce type de table tire son nom du jeu de la "bouillotte", une sorte de poker très apprécié sous le règne de Louis XVI. Ce jeu se pratiquait sur une petite table ronde ou un guéridon avec plateau en marbre.

Cette table travaillée en différentes essences de bois s'ouvre en ceinture supérieure par des tiroirs et parfois des tirettes. Elle repose sur quatre pieds fuselés cannelés ou en gaine plaqué, avec parfois une tablette d'entrejambe. Les tables bouillottes d'époque possédaient toutes des roulettes.

La lampe bouillotte doit également son nom à ce jeu fameux sous Louis XVI.
Pour éclairer les joueurs réunis autour du guéridon au plateau en marbre, on y plaçait une lampe en bronze doré avec abat-jour en tôle, réglable. 
Ce luminaire rencontra un vif succès et fut utilisé par la suite en lampe de bureau ou lampe de chevet.

samedi 11 juillet 2026

Guillaume Gabriel Androuet du Cerceau (vers 1670-après 1728) Dessinateur et ingénieur ordinaire du roi

Né vers 1670 (?), cet artiste est le fils du dessinateur et graveur Paul Androuet du Cerceau (vers 1630-1710), et de Marie Chevrolle (morte en 1695).

L'œuvre gravée paternelle, d'une quarantaine de pièces, est essentiellement composé d'ornements d’orfèvrerie et de décors intérieurs comme ceux des appartements de la reine au Vieux Louvre.

Le 11 avril 1685, on trouve un contrat d'apprentissage de Guillaume Gabusel [Gabriel] Androuet Du Cerceau chez Jean Buisson.

Vers 1690, il est nommé dessinateur du roi tandis que d'autres documents d'archives le qualifient également d'ingénieur du roi.

Il est marié le 27 février 1691 avec Françoise-Clémence Gossament dont il eut :
- Nicolas, mort à 4 ans en 1697,
- Louise, morte à 2 ans et demi en 1701,
- Jean-Baptiste, né en 1700,
- Philippe, né vers 1702, marié en 1728, également qualifié de dessinateur et ingénieur du roi,
- Françoise Clémence, née en 1706.

En 1701, Gabriel Androuet Du Cerceau, dessinateur du roi, et Françoise-Clémence Gossament, sa femme, demeuraient rue de la Monnaie à Paris.
Il est alors cité pour un ouvrage à venir sous les auspices du grand prieur de France.
En 1708, il constitue une société avec un brodeur.

Son oeuvre au service de la couronne reste méconnue  mais il a laissé des gravures pour des garnitures de sièges probablement en lien avec l'ouvrage et la société précités.

Il meurt entre 1728 et 1742 en ayant probablement fait un second mariage avec Catherine Soyer, cité comme veuve de Gabriel Androuet du Cerceau, dessinateur, morte le 30 mars 1743, rue Saint-Honoré près le Grand Conseil.

un maigre corpus d’œuvres connues :

Le corpus de cet artiste est maigre, il présente une petite série gravée de sièges, chaises et fauteuils, datable de la fin du règne de Louis XIV ou de la Régence, montrant des propositions de garnitures d'apparat pour les appartements, dont galons, découpures, broderies au petit point...

Conservés dans un recueil de l'INHA et au musée de Stockholm, ces 6 dessins restent cependant évocateurs de la richesse des garnitures de sièges d'apparat de cette époque quasiment disparues de nos jours.




















Sources :
Archives nationales, minutier central des notaires.
Les Du Cerceau, leur vie et leur oeuvre, Heinrich von Geymüller · 2016
Site internet du Nationalmuseum de Stockholm

mercredi 8 juillet 2026

Claude-Etienne Michard, menuisier en siège du duc de Choiseul

Claude-Etienne Michard, né en 1732, et mort à Paris le 23 juillet 1794 est un menuisier en siège parisien, reçu à la maîtrise le 29 juillet 1757.

Estampille de Claude-Étienne Michard

Il s'installe rue Sainte-Foy puis du Faubourg-Saint-Antoine et Saint-Sauveur, dans le quartier des menuisiers parisiens.

Il épouse la sœur de l’un de ses confrères, Jean-Nicolas Blanchard, menuisier de Mesdames de France et du comte d'Artois.
En 1760, il eut également en apprentissage pour 5 ans Nicolas-Quilibert Foliot, 14 ans, un des neveux de l'illustre famille de menuisiers royaux.

Il réalise des sièges Louis XV, Transition et Louis XVI soigneusement réalisés. Apparus dès 1765, ses sièges Transition - dans lesquels il associe des formes Louis XV à des ornements néoclassiques - figurent parmi les premiers du genre.

Quelques-uns sont livrés à de riches collectionneurs comme le duc de Choiseul qui lui en commande plusieurs séries pour son château de Chanteloup.

Fauteuil de bureau, noyer sculpté et doré, cuir vert.
estampille de Claude-Étienne Michard, vers 1760-1770,
D'après une étiquette présente sous le siège, ce fauteuil est présumé provenir des collections du duc de Choiseul.
(c) Mad -Musée Nissim de Camondo.

Le duc de la Rochefoucauld d’Enville lui passe aussi commande, pour  le chateau de La Roche-Guyon, d’un rare ensemble archaïsant composé de dix-huit grands fauteuils à dossier carré, aux pieds gaines et accoudoirs d’étoffe.