mercredi 2 septembre 2026

Jérome Burgeat, horloger à Versailles au 18e siècle


Sous l'ancien régime, la ville de Versailles attira de nombreux artisans dans ses murs, en voici un qui a exercé au 18e siècle mais pour lequel je n'ai pour l’heure pas beaucoup informations probantes. 
La date de maîtrise de l'horloger Jérome Burgeat n'est pas connue. Etabli à Versailles, on retrouve sa signature sur le mouvement de pendules d'époque Louis XV, ainsi que sur une montre conservée au Louvre.
Il exerçait probablement encore sous Louis XVI ou l'on trouve le sieur Burgeat, horloger, place Saint-Louis, syndic de sa communauté en 1777.
Au regard des pendules connues, il travailla avec des bronziers et ébénistes parisiens de renom, avec des caisses d'ébénisterie plaquées de corne, de marqueterie Boulle ou entièrement en bronze doré ce qui laisse supposer une clientèle aisée.
De par sa proximité, livra-t-il également la cour via les menus plaisirs ? 

Parmi ses fournisseurs de caisses d'horlogerie, on trouve l'ébéniste Adrien Dubois (1715-1757) qui se forme dans l'atelier de Bernard I Van Riesenburgh,le père ou il devient le chef d'atelier en 1738.
Il reçoit la maîtrise en 1741, s'installe dans le Faubourg Saint-Antoine et se spécialise dans la réalisation de caisses horlogères, avec succès.


Pendule- cartel en placage de corne verte 
Cadran et mouvement signés BURGEAT à Versailles, 
la caisse estampillée DUBOIS. Epoque Louis XV.
Haut. : 82 cm - Larg. :37 cm - Prof. :15 cm

Autre œuvre au mouvement signé de cet horloger avec une caisse rocaille d'époque Louis XV, estampillé de Antoine Foullet, maître en 1749, mort en 1775, ébéniste spécialisé en caisse d'horlogerie et père de l'ébéniste Pierre Antoine Foullet, fournisseur de la cour.



Voici enfin un beau modèle rocaille tout en bronze doré de la première moité du règne de Louis XV :



Selon une information traditionnellement reprise sur le marché de l'art mais qui reste à confirmer par des documents d'archives, le modèle de ce cartel fut dessiné en 1728 par le marquis Henri-Camille de Beringhen (1693-1770), premier écuyer du Roi, et était destiné à être placé au chevet du lit de Louis XV à Versailles.
Pour ce faire, il demanda à Nicolas Le Sueur, maître fondeur et marchand à Paris, d’en exécuter la caisse doré d’or moulu et chargea, pour le mouvement, l'horloger du roi Julien II le Roy (1686-1759).
Le cartel de Louis XV fut achevé en 1734.
Le succès rencontré par ce modèle conduisit Nicolas Le Sueur à le rééditer à plusieurs reprises. Plusieurs cartels similaires sont donc ainsi répertoriés présentant des mouvements fournis par des différents horlogers dont Jérome Burgeat ici.

mardi 1 septembre 2026

Louis Hyacinthe Delion (1721-1793), reçu maitre menuisier en 1766


Louis-Hyacinthe Delion (1721 - 22 janvier 1793) est un menuisier parisien reçu maître le 4 septembre 1766.
Fils cadet du menuisier Jean Delion qui exerça de 1725 à 1750, il reprit l'atelier de son frère Claude, reçu menuisier en 1757 et mort en 1759, au 44 rue Saint-Sauveur à Paris, ou il exerça.
Il épousera Angélique-Marie Durcau.

Son estampille :

Parmi les homonymes appartenant peut-être à sa parentèle à la même époque, on retrouve :
- Marie-Anne Delion mariée à Edme Chanvin ou Chauvin, reçu maître menuisier le 26 mars 1778 qui habita rues Saint-Landri et de la Juiverie,
- François Delion (mort en 1814), reçu maître menuisier le 22 octobre 1785 qui habitait rue du Chantre, marié en 1787 à Catherine Julienne Derondel.

Certains documents d’archives laissent à penser qu'il s'est principalement consacré à la restauration de sièges. En effet, un ébéniste de ce nom répara des meubles pour le service du Roi au château de Choisy en 1785.
Sa production reste rare, il réalisa essentiellement des sièges sobres et peu sculptés de style Louis XV puis son estampille se retrouve sur des meubles co-signés à l'époque Louis XVI.
Sa marque figure ainsi à coté de celle de Jean-Baptiste Gourdin sur des sièges Louis XV, de Georges Jacob sur des fauteuils Louis XVI et de Denis Jullienne sur deux bergères Louis XVI.

Dans les collections de Versailles, il est connu pour une paire de fauteuils médaillons co-estampillée avec Georges Jacob et portant les marques au fer du garde-meuble privé de la reine Marie Antoinette.



Sources :
Archives nationales, minutier central des notaires
Les artistes décorateur du bois - Henri Vial, Adrien Marcel, André Girodie - Bibliothèque d'art et d'archéologie - 1912
Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle - Pierre Kjellberg - Les Editions de l'Amateur - 2008
Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - Les éditions d'Art et d'Histoire - 1934
Site internet des collections du château de Versailles