jeudi 30 juillet 2026

Denis Louis Ancellet (1735-1823), maître ébéniste


Cet artisan du bois, né vers 1735, était le fils Louis Ancellet, marchand de foin à Nogent (mort avant 1776) et de Marie-Madeleine Noury.
Denis Louis Ancellet, d'abord artisan libre au faubourg Saint-Antoine, fut reçu maître ébéniste le 3 décembre 1766.
En 1767, il prenait à bail pour neuf ans un logement rue de Charenton, moyennant 300 livres de loyer annuel. Il y vivait déjà avec Marie-Geneviève Grigant ou Grigaut, sa première épouse.
En 1776, il prenait en alloué pour 4 ans Jean-Jacques Normand, âgé de 13 ans.
En 1779, il prenait en apprentissage pour 4 ans Pierre Bardin, fils d'un employé aux fermes.
Après avoir résidé rue de Charenton jusque vers 1780, il transféra son établissement rue Saint-Nicolas avec un bail de bâtiments et boutique moyennant 660 livres de loyer par an.
A cette date, il est remarié avec Marie-Antoinette Martin.
Il fut élu député ou conseiller de sa corporation dans les dernières années de l'Ancien régime. 
En 1787 et 1788, il est créancier des tapissiers Presle et Law en faillite.
En 1788, avec l'ébéniste Feurstein, il fit l'estimation du fonds de feu son collègue Bernard Nicolay, rue de Charenton.
En 1793, il fit un troisième mariage avec Marie Brigitte Occident.
Il devint alors parallèlement membre du comité des quinze-vingt puis juré des affaires criminelles.
En 1803, il était créancier de l'ébéniste Mennesson.
En 1804, il mariait sa fille Félicité Ancellet avec l’ébéniste Jean Louis Dujardin, installé au 20, rue du Faubourg-saint-Antoine.
En 1814, il est créancier lors de la faillite de l’ébéniste Magnien.
Il décéde le 3 novembre 1823 laissant comme seul héritier un fils prénommé Charles-Louis-Auguste.

Son estampille




Il produisit surtout des pièces de fabrication courante que les marchands lui achetaient en grand nombre. Il commença par des meubles de style transition puis essentiellement Louis XVI.
Ce bon artisan ne semble s'être jamais lancé dans la fabrication de meubles exceptionnels même si il peut avoir collaboré un temps avec son confrère Weisweiler sur des meubles plus riches portant leur double estampille.
Presque toute sa production consiste en des meubles d'acajou soigneusement traités, dans un style sobre un peu froid et sec.
Sa spécialité est la production de tables à jeux. Il a aussi fabriqué des tables à écrire, toilettes d'homme, tables bouillottes ou commodes, de petits coffrets ou des consoles. 
Il pratique peu la marqueterie, sauf pour de sobres incrustations de filets ou de motifs discrets. 

Ses talents furent employés pour le service du Roi. Au printemps de 1791, quand Louis XVI forma le projet de se rendre à Saint-Cloud, il fit mettre le château en état de recevoir la Cour.
Ancellet reçut alors du Garde-meuble la commande d'une soixantaine d'ouvrages dont plusieurs commodes et secrétaires garnis de cuivres dorés valant ensemble 3 109 livres.
Il s'agirait de la dernière commande du garde-meuble. Aucune œuvre royale n’a été identifiée à ce jour dans l’œuvre de Ancellet.
A la révolution, il fit quelques réparations de mobilier pour le garde-meuble national et livra des meubles pour le ministère de l'Intérieur en 1796-1797.
Il continua sa carrière auprès du garde-meuble impérial en livrant des bureaux, serre-papiers et tables en bois noirci en 1811 et 1813 parmi les commandes d'ébénisterie faites pour employer les ouvriers manquant de travail.

Le Mobilier National conserve quelques meubles d'époque Louis XVI de cet ébéniste dont certains portent la marque du château des Tuileries sous la Restauration des Bourbons.

Coiffeuse d'homme estampillée de Ancellet
portant la marque des Tuileries sous la Restauration
(c) Mobilier National

Sources :
Archives Nationales, minutier central des notaires
Les Artistes décorateurs du bois... 
Henri Vial, Adrien Marcel et André Girodie - 1912-1922
Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - 1934
L'art et la manière des maîtres ébénistes français au XVIIIe siècle - Jean Nicolay -1976
Le Mobilier français du XIXe siècle - Denise Ledoux-Lebard - 2000
Le Mobilier Français du XVIIIe siècle - Pierre Kjellberg - 2008



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