vendredi 6 mars 2020

Jean-Jacques Hettlinger (1734-1803),


Jean-Jacques Hettlinger (1734-1803),
Directeur de la manufacture de Sèvres
Buste par Henri-Victor Roguier (1758-après 1830)
Sèvres, Cité de la céramique

Jean Jacques Hettlinger et la marqueterie de plumes d’oiseaux et papillons

Notre homme est l’auteur des décors de cires incrustés de plumes d’oiseaux et ailes de papillons du Cabinet-Médailler livré par  Guillaume Benneman pour Louis XVI à Versailles ainsi que d’insectes au naturel dans les sculptures de Sèvres.

Originaire de Winterthur en Suisse, il commence sa carrière en 1756 comme médecin dans les mines de Baigorry en Navarre et devient Inspecteur général des mines de Navarre.
Il étudie également les sciences naturelles, publie des articles sur l'entomologie et devient membre de l'Académie des sciences de Lisbonne et de la société de physique de Zurich.

Dès la fin des années 1770, Hettlinger réalise des marqueteries de plumes d'oiseaux sur des dessus de boites.
En décembre 1779, il fait présent au Roi Louis XVI de « deux tabatières ornées d'oiseaux faits avec des plumes naturelles ».
En 1784, il devient codirecteur de la manufacture royale de Sèvres, poste qu’il occupera jusqu’en 1803.
En 1788, Hettlinger vend personnellement lors de l'exposition annuelle de porcelaines de Sèvres à Versailles un grand nombre de ses ouvrages constitués principalement de boutons, médaillons, tableaux, plateaux et dessus de boites.
En 1789, Il fournit également des pièces ovales et rondes vendues à Thomire et madame Lignereux pour dessus de chiffonnière en 1789.

Le médaillier estampillé de Benneman, acheté par Louis XVI vers 1788, aujourd'hui conservé au château de Versailles, est décoré d'une marqueterie d'Hettlinger formée de plumes d'oiseaux et d'ailes de papillons pris dans la cire.
Christian Baulez a retrouvé le versement par Louis XVI de 1200 livres "sur les 6000 livres du meuble de Mr d'Ettlinger".

 


Un plateau octogonal de guéridon décoré de trois oiseaux sur des branches, faits en plumes d'oiseaux, aujourd'hui conservé au musée Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat est un autre exemple des réalisations d'Hettlinger.

A partir de 1785, il réalise en collaboration avec Louis Simon Boizot des groupes et figures formés d'enfants associés à des papillons ou insectes.
Ils sont détaillés sur un registre de révision de prix de sculpture en 1787 conservé aux archives de Sèvres et comprenaient: « les enfants aux scarabées, les enfants aux papillons, le guêpier, le guerrier au casque, le guerrier à genou, le chasseur au cornet, le chasseur en embuscade, le guerrier au bouclier, la légèreté, Zéphir dans un char (ou amour au char ou char à papillon) », et également « l'inconstance fixée, la fidélité délaissée », ces deux derniers décrits comme étant des chiens (Arch. MNS, Y19, f° 56).
L'inventaire des moules mentionne également un « groupe du combat des scarabées » (Arch. MNS, V3, l1).
Deux « enfans au papillon » sont présentés au roi Louis XVI le 20 décembre 1785 à Versailles à 72 livres (Arch. MNS, Eb1, d8).
Puis ces figures et groupes apparaissent dans les registres de ventes de la manufacture de Sèvres à partir de janvier 1786 à des prix variant entre 48, 72, 96 ou 120 livres et décrits comme: « enfants papillons et bocaux, enfants aux papillons, Amour aux papillons, groupe aux papillons, groupe insectes, char à papillon ». 
 
Parmi les acheteurs figurent notamment la comtesse de Provence, le comte et la comtesse d'Artois, Madame Elisabeth, la princesse de Lamballe, le duc de Liancourt, le comte de Narbonne, la duchesse de Devonshire ou le comte Fernand-Nuguès (sic).

Les comptes de Jean-Jacques Hettlinger conservés aux archives de la manufacture de Sèvres font apparaitre un achat de 200 papillons chez Dolmer à Metz en mars 1788 pour 72 livres.
Un seul groupe décrit comme « groupe enfants » semble figurer dans les registres des ventes. Il est vendu au prix de 360 livres réduit à 120 livres lors d'une vente publique organisée dans le magasin parisien des marchands Daguerre et Lignereux rue Saint-Honoré en avril 1793 en même temps que trois « groupes papillons » à 120 livres.