mercredi 28 janvier 2026

Antoine Foullet (vers 1710-1775), maître ébéniste à Paris

Antoine Foullet né vers 1710 fut un ébéniste spécialisé en caisses de pendules et de régulateurs.
Reçu maître le 17 février 1749, il exerça rue du Faubourg-Saint-Antoine en face de la rue Saint-Nicolas
Il devint juré de sa corporation en 1756 et maître de la confrérie de Sainte-Anne des maîtres menuisiers de la ville de Paris au couvent des Carmes Billettes.

son estampille

Il épouse vers 1730 Geneviève Bailleul dont il eut pour enfants :
- Marie Geneviève mariée à Antoine-François Beckers, horloger, puis André César Vallée, fondeur et Jacques-Antoine Gelé, fourbisseur,
- Pierre-Antoine, maitre ébéniste,
- Antoine André, maître horloger.

Il travaillait spécialement pour les horlogers, produisant des boîtiers de pendule, cartels et gaines de régulateurs en marqueterie de bois des Indes, qu'il orna de bronzes fondus chez Héban, rue des Arcis.
Il travailla également la marqueterie dite Boulle, le vernis martin et la laque.
A partir de 1752 il collabore avec Jean-Joseph de Saint-Germain, fondeur parisien très réputé dans la réalisation de caisses de pendules dont il semble avoir donné les dessins.

On retrouve sur ces caisses d’ébénisterie les mouvements de nombreux horlogers parisiens dont Philippe Barat, Cormaison, Fillon, Panier, Richard, Viger, ou de province comme Burgeat, Caron et Caranda à Versailles, Michel à Dijon, Musson à Orléans, Johann Jakob Straubhaar à Strasbourg...
Ayant également travaillé avec des horlogers du roi tels Julien Le Roy ou Jean-André Lepaute, il n'est pas impossible qu'il leur ait fourni des caisses d’ébénisterie livrées ensuite à la cour de France sous Louis XV.

Cependant Antoine Foullet ne semble pas s’être limité à ce genre de production. En effet, le musée de Stockholm conserve une commode de style Transition portant son estampille ainsi que celle du marchand-ébéniste Léonard Boudin.




Ce meuble s’apparente à toute une série de commodes signées ensuite par son fils  ébéniste Pierre-Antoine Foullet, ce qui laisserait supposer que les deux hommes travaillèrent ensemble et que le fils se serait inspiré de la première oeuvre de son père pour tous ses futurs travaux d’ébénisterie.

A sa mort survenue le 24 septembre 1775, il laissait en cours d’exécution une douzaine de boîtes de pendule dont la prisée fut faite par ses confrères Lieutaud et Duhamel, réputés tous deux pour le même genre d’ouvrages.

Sources et bibliographie :
Minutier central des notaires, Archives nationales, Paris
Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle - Pierre Kjellberg - Les Editions de l'Amateur - 2002
Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - Les éditions d'Art et d'Histoire - 1934

mardi 16 décembre 2025

Jean-Thomas Le Dée ou Ledée (1707-1763), Horloger à Versailles

Jean-Thomas Le Dée dit Le Dée de Villeneuve est né le 22 mars 1707 à Rambouillet, fils de Thomas Le Dée (vers 1668-1713) et de Marie Percebois (1678-1768). Son père fut écuyer de Monseigneur le duc d'Uzès, capitaine des chasses à Rambouillet du directeur des finances Fleuriau puis officier du Comte de Toulouse.

Jean-Thomas devint horloger à Versailles et épousa Anne Elisabeth Van Hoftrion. Il en eut 11 enfants. dont :
- Marie Anne Élisabeth (1743-1767)
- Marie Marguerite (1744-1821)
- Joseph Thomas (1750-1823)
- Élisabeth Éléonore (1751-1776)
- Jean Jacques (1753-1828).

Il fut par alliances lié aux famille Dupont de Nemours et Houdart de la Motte.
Il décède à Versailles le 26 décembre 1763.
J'ignore pour l'heure si il travailla pour la cour de France.

Il passe en vente un rare cartel portant sa signature :





















Cartel d’alcôve en bronze doré, à décor de tiges de fleurs épanouies et cartouches rocailles.
Cadran émaillé blanc à chiffres romains et arabes et mouvement à fil signés Le Dée à Versailles.
Epoque Louis XV. 32 x 26 x 9 cm


samedi 29 novembre 2025

Becourt ou Brécourt, bronzier actif sous Louis XVI

On sait peu de chose du bronzier Becourt ou Brecourt, mais des documents d'archives le mentionnent à plusieurs reprises avec des ventes à la cour de France à l'époque de Louis XVI.
Pierre Verlet ne le cite cependant pas dans son ouvrage sur les bronziers du 18e siècle. 
Une partie de sa production est connue au travers de dessins de modèles reproduit dans le recueil aujourd'hui conservé à la bibliothèque Doucet, à Paris (VI E Rés.).
J'y lis le nom comme Becourt et non Brecourt sous lequel on le retrouve souvent.

Je tente un petit corpus illustré à partir de ce recueil avec des modèles en bronze réalisés d'après ces dessins :



Cartel [aux sirènes ?] correspondant au n° 113 avec la mention Becourt





Pendule aux dauphins, modèle de Brecourt vers 1775, correspondant au n° 100 avec la mention Becourt.
Ce modèle inspirera la manufacture de Sèvres pour une pendule en porcelaine livrée à Louis XVI à Versailles.


autre modèle de caisse en bronze se rapprochant du modèle n° 103 donné à Bécourt.. 
Le mouvement est signé de l'horloger Roque  qui fut un fournisseur de la cour mais aucun modèle proche n’apparaît dans les inventaires royaux :


Pendule borne à vase vers 1770
auteur : 36 cm., Longueur : 28 cm. Profondeur : 13 cm.
Signé sur le cadran "Roque / A Paris".

Bibliographie : Ottomeyer/Pröschel, VergoBdete Bronzen, München1986, p.28, 197, 226, 228

Jean François Delacour, maitre ébéniste en 1768

Jean François Delacour fut reçu maître ébéniste à Paris le 24 février 1768. On sait  cependant peu de chose de sa production, il est mentionné rue du faubourg Saint Antoine jusque vers 1783.

son estampille :

On trouve cette estampille sur une petite table Louis XVI en placage de Bois satiné et frise d'entrelacs et draperies en bronze portant la marque de Bellevue et le n° 122.3, probablement d'un ensemble de 3 meubles livrée en même temps.

Cette rare oeuvre royale estampillée en vente chez Sotheby's 



Elle fil partie de la collection de Jean Nicolaÿ (1890-1959), auteur du livre “L’art et la manière des ébénistes du XVIIIe siècle” en 1985..

Bilbiographie : 
J. Nicolay, L’art et la manière des ébénistes français au XVIIIe siècle, Paris, 1976, p.56 fig. A (illustré).
P. Kelljberg, Le Mobilier français du 18e siècle. Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers, 1998, p.228 (table citée)

jeudi 13 novembre 2025

Gabriel Courieult, maître horloger et la pendule lyre Beau-bleu de Sèvres

Installé à Paris, Gabriel Courieult fut reçu maître horloger le 30 septembre 1767. Il mourut vers 1786.
Il demeurait rue de Grenelle-Saint-Honoré, paroisse Saint-Eustache.
Il compta parmi sa clientèle le duc de Saint Aignan , la marquise de Croissy ou le président de Miromesnil.
Sa veuve Geneviève Barrau qui poursuivit son activité jusqu'à la révolution eut également Louis Philippe Joseph, duc d’Orléans, comme client au Palais-Royal vers 1791.
Sa production signée reste rare. A côté de quelques montres, il produisit des mouvements de pendules à cercles tournants dont certains associés à des caisses en bronze doré spectaculaires comme celle à l'allégorie du Temps vers 1780 vendu par Sotheby's.



Il réalisa également ce type de mouvement pour un célèbre modèle à Vase et serpent vers 1770 dont un exemplaire porte la marque du bronzier fondeur Jean Baptiste Gaulier ou Gautier qui pourrait donc être le créateur de ce modèle qui plut à Mme du Barry et à la reine Marie-Antoinette :



La pendule-Lyre en "beau-bleu" de Sèvres, spécialité de Courieult :



Selon les comptes de la manufacture de Sèvres, seulement sept pendules-lyres de ce type, c'est-à-dire "beau bleu" ont été produites.
Gabriel Courieult acheta deux caisses de pendule-lyre en porcelaine en 1785, sa veuve Geneviève Barrau deux autres en 1786, puis trois autres en 1787 et 1788.
Deux de ces exemplaires "beau bleu" furent acheté par Louis XVI dont l'un est décrit en 1787 dans le Salon des Jeux du Roi au château de Versailles.
Un des exemplaires connus [ill. supra] dont le cadran est enrichi d'émaux de Joseph Coteau a été déposé par le Louvre au château de Versailles.
A sa suite, plusieurs de ses confrères, dont l'horloger Kinable, utilisèrent également ce modèle lyre en porcelaine avec d'autres variantes de couleurs.

Vert céladon en porcelaine de Locré,
mouvement de Kinable


Rose dit "Pompadour" en porcelaine de Sèvres,
Mouvement de Kinable

mardi 11 novembre 2025

Thomas Merlin, orfèvre ordinaire de Louis XIV

Originaire de Lorraine, Thomas Merlin (v.1620-1698) fit partie des orfèvres choisis par Colbert pour mettre en œuvre le projet de renouvellement artistique décidé par le roi Louis XIV.
Influencés par le travail du peintre Charles Lebrun (1619-1690), ces orfèvres - Claude Ballin, Thomas Merlin, Pierre Germain et Nicolas Delaunay - seront réunis aux Galeries du Louvre.
En 1642, il demeurait rue Saint Germain l'Auxerrois. Il épousera Jeanne Thiery dont il aura un fils prénommé Pierre.
En 1660, il logeait au Louvre dans l'ancien atelier du sculpteur Jacques Sarrazin.
On trouve dans l’Inventaire du mobilier de la Couronne, dans le Journal du Garde-Meuble de la Couronne et dans les Comptes des bâtiments du Roi des commandes passées et des acomptes versés à Thomas Merlin dès 1665.
Il réalise entre autres pour la couronne des bassins, des brancard ou des vases.
En juillet 1666, il livrait à la couronne deux vases d'argent ornés sur la panse des allégories de l’Éloquence ou de l'Architecture dans un médaillon.
En 1669, il livrait partie d’une série de douze flambeaux d’argent représentant les douze mois, d'après un dessin de Lebrun, réalisés avec ses confrères Jean de Viocourt, René Cousinet et Jacques Dutel et dont une paire ornait la table du salon d'Apollon.



En juillet 1682, il livrait quatre grandes corbeilles d’argent de 57 centimètres de diamètre ciselées à jour, qui étaient vraisemblablement garnies de fleurs puisque pourvues de bassins pique-fleurs amovibles.
2 corbeilles furent placées sur les tables consoles du salon de Mars.
Les deux autres corbeilles identiques de cette livraison garnissaient les deux tables d’entre-fenêtre des salons de Mercure et d’Apollon.
Il participa également à la fonte de la série des flambeaux aux Travaux d'Hercule aux coté de ses confrères Jacques Dutel, orfèvre aux Gobelins et des orfèvres parisiens Jean de Viaucourt et René Cousinet.
4 furent placés dans le salon de Mars et les huit autres de la série étaient alignés sur la balustrade du salon de Mercure.



En août 1685, il livrait les trois derniers guéridons d'argent du salon d'Apollon avec la veuve Germain et Nicolas Delaunay.
Cette série avait été initié en 1668 (4) puis complétée en 1684 (3).



Avec ses confrères Ladoyreau et Cousinet , il livrera un ensemble de 16 tabourets en argent destinés à meubler la Galerie des Glaces en 1688.
A cette date, Thomas Merlin demeurait toujours aux Galeries du Louvre.
Il apparaît dans la célèbre tapisserie de la visite du roi aux Gobelins portant un plat ovale, tapisserie dont le carton est conservé à Versailles.



Cette orfèvrerie demeure extrêmement rare car le Roi ordonna, en décembre 1689, la fonte du mobilier d’argent pour financer les dépenses de la guerre de la Ligue d’Augsbourg.

lundi 27 octobre 2025

Charles André Caron (1698-1775) Horloger du roi

Bio express : 

1698 : naissance le 26 avril de Charles-André Caron, fils de Daniel Caron, maître horloger à Meaux, marchand bourgeois de Lizy-sur-Ourcq, et de Marie Fortin. Sa famille est protestante.
Avant 1721 : il s’engagea brièvement dans le régiment de dragons de Rochepierre sous le nom de Caron d’Ailly.
1722 : installé et formé à Paris, il abjure le protestantisme pour pouvoir être reçu maître-horloger. Il ouvrira sa boutique rue Saint-Denis à Paris.
Il épouse Marie-Louise Pichon (1702-1758). Il en aura 10 enfants dont la plupart mourront en bas-âge.
1732 : le 22 janvier, naissance de son fils Pierre-Augustin Caron, futur Beaumarchais.
1744 : l'horloger Jean-Antoine Lépine entre en formation dans son atelier. Il deviendra son associé et son gendre en épousant sa fille Madeleine-Françoise Caron en 1756.
Charles André Caron apparaît alors parmi les maîtres horlogers fournissant le roi dont une pendule livrée à Mme Adélaïde en 1757, dans une caisse de bronze attribuée à Osmond, conservée à Versailles (dépot du Mobilier National).



1750 : ne supportant plus ni ses incartades ni son insolence, il chasse son fils du domicile familial.
Vers 1760 : il crée la première montre-squelette.
1761 : le 24 novembre, Charles Caron renonce à son commerce d'horloger.
L'année suivante son gendre Lepine devient horloger du roi.
1763 : en janvier, son fils Beaumarchais achète une maison au 26 de la rue de Condé à Paris ou il loge son père et ses 2 soeurs cadettes.
1766 : en janvier, André-Charles Caron se remarie avec Jeanne Guichou, veuve Pierre Henry.
1775 : fraîchement remarié à Suzanne Léopolde Jeantot le 18 avril, Charles-André Caron décède le 23 octobre.