jeudi 3 avril 2025

Edme Chollot (vers 1695 - après 1774), menuisier en bâtiment

Reçu maître menuisier en bâtiment en 1723, Edme Chollot exerça rue des Gravilliers jusqu’en sa quatre-vingtième année.

En 1774, il devenait tuteur de la mineure Françoise Elisabeth Chollot, fille de Jean Edme Chollot (son fils ?), maître menuisier décédé, et de Louise Gabrielle Françoise de Montigny.

Il laissa une production composée de tables-consoles de bois doré, estampillée E.CHOLLOT, allant du style rocaille au style Louis XVI.
Il collabora occasionnellement avec le menuisier en siège Nicolas Heurtaut.

Son estampille est une rareté. En effet, les menuisiers en bâtiment qui réalisaient tous les éléments "immeubles" tels que boiseries, trumeaux, tables-consoles, armoires de lambris n'étaient pas obligés d'apposer leur estampille sur leur production.

Un exemple de sa production d'époque Transition Louis XV-Louis XVI. 










Oeuvres en collections publiques :

- Une paire de console, Église paroissiale, Saint-Viatre

- Une console d'époque Louis XVI, Cathédrale Saint-Pierre, Beauvais

Sources :
Les ébénistes du XVIIIe siècle : leurs œuvres et leurs marques, Salverte
Le mobilier français du XVIIIe siècle, Kjellberg
Famillesparisiennes.org

lundi 31 mars 2025

François Bayer, maitre ébéniste en 1764

Ébéniste-marqueteur originaire d'Allemagne, François Bayer s’installe à Paris ou il est reçu maître ébéniste le 5 décembre 1764 exerçant alors rue du faubourg Saint-Antoine.
Il migra ensuite rue Saint-Honoré puis rue de Taranne au faubourg-Saint-Germain vers 1777.
Manquant de capitaux et endetté, son activité périclita. Il fit faillite en 1780 et 1781 et dût revendre son fonds de commerce. Son atelier se situait alors rue du colombier.
Installé ensuite rue Montmartre jusque vers 1785, Bayer se consacra principalement à la restauration de meubles aidé de son épouse, Jeanne-Honorine Parent, dont il eut sept enfants.
Il est encore cité seul comme ébéniste en juin 1797 vivant au 10 rue Ponceau, date à laquelle on perd sa trace.

Sa production estampillée principalement connue entre 1764 et 1780 s’inscrit dans le style transition puis Louis XVI.
Elle se caractérise par des marqueteries raffinées d’instruments de musique et de fleurs ou géométriques dans le gout « grec ».

Ses talents lui valurent des clients de marque, tels que la comtesse de Custine ou les comtes de Brancas et de Saint-Cyr.
Il sous-traita pour des marchands comme Boudin, Delisle, Rivière, Francq, Lefèvre, Santaire, et des tapissiers tels Bigeon ou Eby. Il collabora avec d'autres ébénistes comme Denizot ou Bavant.
Dans les années 1770, il fit également partie des sous-traitants de Gilles Joubert, fournisseur officiel du garde-meuble.
L'inventaire de Joubert dressé après le décès de son épouse en 1771, fait état " d'une somme de 106 livres due à Bailler ébéniste ".
On retrouve son estampille sur des meubles livrés par Joubert et en particulier sur une commode de 1771 pour le Château de Compiègne.





















Toujours pour la couronne, il sous-traita ensuite très probablement pour Riesener, comme le laisse supposer un bonheur du jour d'époque Louis XVI ,estampillé de François Bayer, daté vers 1780, inventorié en 1787 dans le boudoir de la duchesse de Polignac au château de Fontainebleau.






















Sources :
Les artistes décorateurs du bois, Vial
Les ébénistes du XVIIIe siècle : leurs œuvres et leurs marques, Salverte
Le mobilier français du XVIIIe siècle, Kjellberg
Famillesparisiennes.org

vendredi 21 mars 2025

Charles Munier (1802-après 1863) tapissier, miroitier et fabricant de meubles

Charles-Auguste Munier est né le 25 juillet 1802. Il fut actif à Paris de 1828 à 1863. Il devint tapissier, miroitier et fabricant de meubles en succédant en 1828 à l'ébéniste Jean-François Moulin dont il reprit l'atelier au 41-43 rue Meslay puis passa rue Montmartre de 1830 à 1863.

Ses différentes marques au pochoir à l'encre furent alors :
- Ch. MUNIER, 160, rue Montmartre, Tapissier Fabricant de meubles.
- 163 rue Montmartre / Ch. Munier / Tapissier / Fabt de Meubles / Maison à Marseille.

On connait de lui quelques meubles de style Boulle d'après Cressent.

Bureau estampillé de Charles Munier
doc Christie's

Vers 1840, il obtint le titre de fournisseur de mobilier de la Couronne.
Dans les faits, il fut essentiellement tapissier pour le garde-meuble. Son atelier recouvrit ou restaura de nombreux sièges sortis d'autres ateliers de menuisiers comme Larivière, Bellangé, Jacob-Desmalter... notamment pour Versailles, le Grand et le petit Trianon, les Tuileries ou Meudon.

Il livra des sièges pour l'opéra de royal de Versailles (1838) et l'importante série de banquettes et tabourets néogothiques pour les salles des croisades (1840).

M. de Noisy - Rechercher Images?q=tbn:ANd9GcTAdPQ1M3SYxkDVdpZ-szRAniial5qC1atqWQ&s

Bibliographie : Denise Ledoux-Lebard . Le Mobilier francais du XIX siecle,  Dictionnaire des ébénistes et menuisiers.

jeudi 20 mars 2025

Antoine-Nicolas Lesage (1784-1841) Marchand-ébéniste

La maison fondée par Antoine-Nicolas Lesage (1748-1841) fut essentiellement celle d'un marchand de meubles et objets d'arts.
D'abord installé au 2 boulevard des Italiens de 1812 à 1821, il devint directeur de l'"Union des arts" au 2 rue Grange-Batelière, un magasin d'ameublement ouvert jusque 1837 puis il migra au 11 rue Chaussée d'Antin sous l'enseigne Lesage et Granvoinet.
Il fit faillite en 1839.

L'une de ses estampilles

Lesage fut l'un des plus importants marchands Parisiens sous la Restauration, vendant les productions de Rémond ou Jeanselme comme en témoigne cette description de son magasin :
"l'on trouve réuni dans ce bel établissement tout ce que la mode peut enfanter de plus gracieux et de plus recherché, soit meubles en bois indigènes et exotiques, bronzes, dorures, pendules, candélabres, etc. On y fait aussi tout ce qui concerne l'ameublement, comme sièges, draperies, couchers, rideaux, et l'on y trouve de même des étoffes pour meubles, en sorte qu'il est possible d'y faire en un seul instant emplette du plus beau mobilier. C'est, en un mot, une de ces maisons qu'on ne saurait trop recommander pour l'assortiment rare et précieux qu'offrent ces vastes magasins en produits de nos meilleures fabriques."

Table à écrire d'époque Restauration
Marquée "LESAGE rue Grange Batelière N°2 A PARIS"
Doc Osenat

Il reçut des commandes du Garde-Meuble de la Couronne pour les palais de Saint-Cloud, de Trianon, des Tuileries, de Meudon, de Louis-Philippe pour ses demeures du Palais-royal et de Neuilly ainsi que de la Duchesse de Berry pour son chateau de Rosny.

Quelques œuvres en collections publiques :

A Versailles :
- Table à ouvrage livrée aux Tuileries sous la restauration, déposé par le Mobilier National à Trianon sous-bois.
- Bureau plat acheté au marchand Lesage en 1837, placé dans le cabinet de travail de la reine Marie-Amélie au Grand Trianon.
-  guéridon, Donation sous réserve d'usufruit de la duchesse de Windsor, 1973 (non exposé)
-  guéridon, Donation sous réserve d'usufruit de la duchesse de Windsor, 1973 (non exposé)

Au Mobilier national :
- Étagère portant marque des Tuileries et de l'Elysée-Bourbon sous la restauration

mardi 18 mars 2025

Charles Adolphe Masson, ébéniste à Versailles

Peu d'information subsistent sur cet artisan du bois né vers 1809.
Il s'installa comme ébéniste à Versailles sous la monarchie de juillet au 12 avenue de Paris.

Il est cité en 1844 lors de l'exposition des produits de l'industrie française ou il reçoit une mention honorable du jury.
Il produisait des commodes, des encoignures, jardinières, bureaux, consoles et divers cadres de glaces.
Certains de ses meubles plaqués de bois de rose en marqueterie étaient enrichis de plaques de porcelaine dans le gout "Pompadour".
En septembre 1844 lors d'une exposition dans les galeries de l’hôtel de ville de Versailles, il présenta un meuble jardinière en marqueterie garni de bronze doré.

Il reste essentiellement connu pour une livraison qu'il fit en mai 1846 pour les appartements du grand Trianon.
La couronne lui commande en effet un exceptionnel ensemble composé d'une console et de deux commodes de forme régence ornées de marqueterie en ébène et cuivre dans le gout de Boulle.
En juin de la même année, il complétera l'ensemble de deux tables de chevet carrées à tablette d'entrejambe ouvrant à un tiroir et une porte en abattant (sorties en 1902).

Cet ensemble était initialement placé sous Louis-Philippe dans la grande chambre du nouvel appartement des souverains au Grand Trianon. Il passera ensuite au Trianon-sous-Bois et à la chapelle pour la console. Très abîmés, les meubles ne sont pas remis en place lors des réfections et remeublements de 1966.

Les commodes seront restaurées en 1996 par le Service de restauration des musées de France puis la console en 1998 par l'atelier de menuiserie-ébénisterie du château de Versailles et finalement replacées dans la chambre à coucher de la Reine des Belges.

Biblographie :
P. Arizzoli-Clémentel et J.-P. Samoyault, Le Mobilier de Versailles, Chefs-d'oeuvre du XIXe siècle, Dijon, Faton, 2009, cat.171, p. 438-441, repr.

mardi 11 mars 2025

Antoine Galliard, Gaillard ou Gailliard, menuisier ébéniste

Reçu maître le 19 septembre 1781, cet artisan du bois exerça rue Saint-Nicolas au faubourg Saint-Antoine jusque vers 1787 puis au 18 rue de Charenton. Il y vivait avec sa femme Marguerite-Reine Vaconet et sa fille Madeleine.

Son estampille

Antoine Gailliard, vu la date tardive de son admission à la maîtrise, n'a d'abord fabriqué que des sièges et des bois de lits de style Louis XVI.
Il a livré des sièges pour le château de la Roche-Guyon au duc Louis-Alexandre de La Rochefoucauld-d’Enville.
Sa production est alors de belle qualité, de forme classique, ornée de sculptures d'acanthes et de rosaces.


Bergère en gondole d'époque Louis XVI
Estampillée A.GAILLIARD

A la révolution, il semble avoir profité de l'abolition des corporations pour produire quelques meubles d'ébénisterie tels que commode ou bureau à cylindre.
Passé la tourmente, il travailla pour le garde-meuble impérial. Ce dernier lui commanda en 1811 plusieurs mobiliers de salon et de salle à manger pour le service des grands-officier de la couronne.
Il travailla également avec des tapissiers et marchands de meubles comme Trinzius, Bonnet, Balassée ou Jacquemart.
La chute des commandes à la fin de l'empire l’amena à la faillite en 1815.

Quelques œuvres en collections publiques :

Les collections du château de Versailles conserve de lui une suite de 4 chaises d'époque Louis XVI couvertes de velours d'Utrech dont l'historique n'est pas connu (non illustrées, non exposées).

Le Mobilier National a déposé au Trianon-sous-bois deux chaises d'époque Louis XVI lors du remeublement souhaité par le général de Gaulle en 1968.



Le MN possède également de lui des chaises, fauteuils et canapés d'époque Louis XVI ou empire - certains présentant des marques des Tuileries, de Saint-Cloud ou de Compiègne au 19e siècle.


Chaise en acajou estampillée A.GAILLIARD
portant la marque des Tuileries sous la Restauration
Collections du Mobilier National

Enfin deux chaises louis XVI en cabriolet sont conservées à la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais.



Bibliographie :
Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - 1934
Le Mobilier Français du XVIIIème siècle - Pierre Kjellberg - 2008
Le Mobilier Français du XIXe siècle - Denis Ledoux-Lebard - 2000

dimanche 9 mars 2025

Jérôme, Jesrome ou Hiesrome Martinot (1671-1724 ou 1725), valet de chambre horloger ordinaire du roi

Rare cartel en marqueterie Boulle d'époque Régence
plaque émaillée sous le cadran signé : Jérome/Martinot/Paris
mouvement d'horlogerie signé : Jérome Martinot Paris

Né en 1671, Jérôme Martinot fut Valet de Chambre Horloger du Roi (1691-1725) et Horloger de la tour du Palais à Paris (1691-1725).
Il était membre de la prolifique dynastie des horlogers Martinot.
Il eut une soeur, prénommé Catherine, mariée au diamantaire Nicolas Marion ou Marcou.

Il entra au service de la cour en survivance de son père Jean Martinot, déjà valet de chambre-horloger ordinaire du roi et Gouverneur du Grand Horloge du Palais.

Il exerça par quartier aux côtés de ses cousins Henri, Claude et Jacques Martinot et de Augustin-François Bidault.
A ce poste il gageait 395 livres, dînait à la table des valets de chambre et était des premières entrées de la chambre et du cabinet du roi dont il remontait la montre et toutes les pendules des appartements matin et soir.

Il se fit une spécialité des sphères mouvantes dont il réalisa 5 exemplaires.
Le 28 février 1701, il en présentait une au roi de sa composition aidé de l'ingénieur et fabricant d'instrument de mathématique Thomas Haye.
Dans sa Description des Chateaux et Parcs de Versailles de 1715, Jean-Aimar Piganiol de La Force la signale dans le billard du roi* ainsi décrite :
"c'est une sphère armillaire, qui par le mouvement de ses cercles imite celui des cieux, principalement du premier mobile, du soleil et de la lune ; & ... représente la situation apparente du ciel... il y à du gout jusque dans les ornements qui en composent le pied. Les quatre Éléments y sont représentés par quatre figures humaines**... Pour rendre cette sphère plus complète, on a mis sur l'estrade au pied de la machine une boussole pour l'orienter. Elle a environ six pouces de diamètre, & est orné d'un portrait du roi en forme de soleil, avec cette devise inscrite sur un ruban qui voltige autour des cheveux de sa majesté : Siffucit orbi."
(* En 1701, elle est dite placée dans le salon de la petite galerie. ** la terre & l'eau sont des figures de femmes, l'air & le feu des hommes.)

Il livra également une sphère à l'observatoire de Paris. Le seul exemplaire survivant de cette production est conservé à la BNF à Paris.


De son mariage avec Marie-Elisabeth Bedeau, il eut un fils Jean Martinot (1698-1780) qui aura la survivance de ses charges en 1719 et l'exercice au décès de son père.
Curieusement, bien que décédé en 1724 ou 1725, il est encore cité dans l'état de la France en 1727 avec son fils Jean en survivance pour le dernier quartier de l'année (septembre, octobre, novembre, décembre). Il touchait alors 600 livres de pension.