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jeudi 3 avril 2025

Edme Chollot (vers 1695 - après 1774), menuisier en bâtiment

Reçu maître menuisier en bâtiment en 1723, Edme Chollot exerça rue des Gravilliers jusqu’en sa quatre-vingtième année.

En 1774, il devenait tuteur de la mineure Françoise Elisabeth Chollot, fille de Jean Edme Chollot (son fils ?), maître menuisier décédé, et de Louise Gabrielle Françoise de Montigny.

Il laissa une production composée de tables-consoles de bois doré, estampillée E.CHOLLOT, allant du style rocaille au style Louis XVI.
Il collabora occasionnellement avec le menuisier en siège Nicolas Heurtaut.

Son estampille est une rareté. En effet, les menuisiers en bâtiment qui réalisaient tous les éléments "immeubles" tels que boiseries, trumeaux, tables-consoles, armoires de lambris n'étaient pas obligés d'apposer leur estampille sur leur production.

Un exemple de sa production d'époque Transition Louis XV-Louis XVI. 










Oeuvres en collections publiques :

- Une paire de console, Église paroissiale, Saint-Viatre

- Une console d'époque Louis XVI, Cathédrale Saint-Pierre, Beauvais

Sources :
Les ébénistes du XVIIIe siècle : leurs œuvres et leurs marques, Salverte
Le mobilier français du XVIIIe siècle, Kjellberg
Famillesparisiennes.org

vendredi 21 mars 2025

Charles Munier (1802-après 1863) tapissier, miroitier et fabricant de meubles

Charles-Auguste Munier est né le 25 juillet 1802. Il fut actif à Paris de 1828 à 1863. Il devint tapissier, miroitier et fabricant de meubles en succédant en 1828 à l'ébéniste Jean-François Moulin dont il reprit l'atelier au 41-43 rue Meslay puis passa rue Montmartre de 1830 à 1863.

Ses différentes marques au pochoir à l'encre furent alors :
- Ch. MUNIER, 160, rue Montmartre, Tapissier Fabricant de meubles.
- 163 rue Montmartre / Ch. Munier / Tapissier / Fabt de Meubles / Maison à Marseille.

On connait de lui quelques meubles de style Boulle d'après Cressent.

Bureau estampillé de Charles Munier
doc Christie's

Vers 1840, il obtint le titre de fournisseur de mobilier de la Couronne.
Dans les faits, il fut essentiellement tapissier pour le garde-meuble. Son atelier recouvrit ou restaura de nombreux sièges sortis d'autres ateliers de menuisiers comme Larivière, Bellangé, Jacob-Desmalter... notamment pour Versailles, le Grand et le petit Trianon, les Tuileries ou Meudon.

Il livra des sièges pour l'opéra de royal de Versailles (1838) et l'importante série de banquettes et tabourets néogothiques pour les salles des croisades (1840).

M. de Noisy - Rechercher Images?q=tbn:ANd9GcTAdPQ1M3SYxkDVdpZ-szRAniial5qC1atqWQ&s

Bibliographie : Denise Ledoux-Lebard . Le Mobilier francais du XIX siecle,  Dictionnaire des ébénistes et menuisiers.

mardi 11 mars 2025

Antoine Galliard, Gaillard ou Gailliard, menuisier ébéniste

Reçu maître le 19 septembre 1781, cet artisan du bois exerça rue Saint-Nicolas au faubourg Saint-Antoine jusque vers 1787 puis au 18 rue de Charenton. Il y vivait avec sa femme Marguerite-Reine Vaconet et sa fille Madeleine.

Son estampille

Antoine Gailliard, vu la date tardive de son admission à la maîtrise, n'a d'abord fabriqué que des sièges et des bois de lits de style Louis XVI.
Il a livré des sièges pour le château de la Roche-Guyon au duc Louis-Alexandre de La Rochefoucauld-d’Enville.
Sa production est alors de belle qualité, de forme classique, ornée de sculptures d'acanthes et de rosaces.


Bergère en gondole d'époque Louis XVI
Estampillée A.GAILLIARD

A la révolution, il semble avoir profité de l'abolition des corporations pour produire quelques meubles d'ébénisterie tels que commode ou bureau à cylindre.
Passé la tourmente, il travailla pour le garde-meuble impérial. Ce dernier lui commanda en 1811 plusieurs mobiliers de salon et de salle à manger pour le service des grands-officier de la couronne.
Il travailla également avec des tapissiers et marchands de meubles comme Trinzius, Bonnet, Balassée ou Jacquemart.
La chute des commandes à la fin de l'empire l’amena à la faillite en 1815.

Quelques œuvres en collections publiques :

Les collections du château de Versailles conserve de lui une suite de 4 chaises d'époque Louis XVI couvertes de velours d'Utrech dont l'historique n'est pas connu (non illustrées, non exposées).

Le Mobilier National a déposé au Trianon-sous-bois deux chaises d'époque Louis XVI lors du remeublement souhaité par le général de Gaulle en 1968.



Le MN possède également de lui des chaises, fauteuils et canapés d'époque Louis XVI ou empire - certains présentant des marques des Tuileries, de Saint-Cloud ou de Compiègne au 19e siècle.


Chaise en acajou estampillée A.GAILLIARD
portant la marque des Tuileries sous la Restauration
Collections du Mobilier National

Enfin deux chaises louis XVI en cabriolet sont conservées à la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais.



Bibliographie :
Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - 1934
Le Mobilier Français du XVIIIème siècle - Pierre Kjellberg - 2008
Le Mobilier Français du XIXe siècle - Denis Ledoux-Lebard - 2000

lundi 24 février 2025

François Potain père et fils, menuisier au service des bâtiments et du garde-meuble du roi


Francois Ier Potain le père & Francois II Potain le fils (1688-vers 1770)

François Ier Potain père exerça son activité de menuisier à Paris dans le quartier de Bonne-Nouvelle. Son atelier se situait rue Poissonnière.
Les comptes des bâtiments du roi mentionnent François Ier Potain comme menuisier fournisseur de la Couronne, il s'intitulait " Menuisier du roi ".
Le Garde-meuble lui commanda des tables à écrire et à jouer, des armoires, des buffets et des sièges « sculptés de quelques ornemens ».
En 1714, il livra douze châssis de paravents à la manufacture des Gobelins.
En 1715, Il exécuta au Château de Versailles différents travaux.
Il fournit pour l'appartement de madame Desmarets à Versailles six doubles châssis d'hiver.

A partir de 1728 François Ier Potain et son fils François II Potain, exécuterons des meubles pour la couronne, sous la direction de Antoine-Robert Gaudreaus devenu fournisseur officiel du Garde-meuble Royal à partir de 1726.

François II Potain, entra au service du Garde-meuble vers 1728, probablement par l'intermédiaire de Gaudreaus, Il est dit maître-menuisier-juré du roi.
Il demeurait rue Poissonnière et publia en 1717 un Détails des ouvrages de menuiserie pour les bâtimens, où l'on trouve les différens prix de chaque espèce d'ouvrage, avec les tarifs nécessaires pour le calcul de leur toisé.
Il exécuta deux bas d'armoires pour la chambre du roi à Compiègne, livra des tables à écrire en noyer à Marly en 1729 et en 1733 une table en bois de chêne. Il fit également des cadres pour les tableaux de Louis XV.
Le fils de François II Potain, Nicolas Marie (1723-1790) devint architecte du roi et Grand prix de Rome. Il fut le proche collaborateur d'Ange-Jacques Gabriel au service des Bâtiments du roi.

vendredi 10 janvier 2025

Pierre Gillier, maître menuisier en siège

Fils du compagnon menuisier Pierre Gillier et de Marie-Claude Chapeau, il épousa en 1732 Marie-Anne Jouanneau, fille d'un compagnon menuisier.

Il obtient sa maîtrise en 1749, demeurant alors rue de Cléry, à l'enseigne de la Teste d'or, où il continua d’exercer jusqu’en 1773.

Il prit part à un procès contre des ouvriers chaisiers pour délit de coalition. Il avait employé un certain Tassilly, soldat invalide, accusé d’être l’un des instigateurs de ce mouvement de grève illégal.

Son estampille

Sa production connue est rare mais présente des sièges riches et de belle qualité.

Le musée Nissim de Camondo possède un ensemble de 8 fauteuils et d'un canapé Louis XV à dossier à la reine richement sculpté et garni de tapisserie d'Aubusson.



Le mobilier national conserve également de lui une suite de 6 fauteuils à la reine sculptés de fleurs et feuillages.
D'autres fauteuils portant son estampille sont présents au palais de Justice d'Orléans..

samedi 14 décembre 2024

Nicolas-Simon Courtois (1724-après 1803), menuisier en sièges

Deux Courtois, tous deux maîtres menuisiers en sièges, sont connus :
- Jacques-Martin (mort en 1775), maître en 1743,
- Nicolas Simon (1724-après 1803), maître en 1766.
Leurs liens de parentés ne sont pas connus.

Il existe également au musée Carnavalet (Collection Bouvier) une commode d’époque Louis XV-Rocaille, due à l'ébéniste Courtois, mais portant une estampille différente de celles des deux menuisiers cités.

Nous nous intéresserons ici à Nicolas Simon, dont la production est représentée dans les collections du château de Versailles.

Nicolas-Simon Courtois (ou Courtoy) est né en 1724.
Il fut marié à Marie-Anne Cressant ou Cressent, dont il eut un fils prénommé Jacques Charles, également menuisier, qui se maria en décembre 1797.
Les époux Courtois vivaient toujours en janvier 1803, date à laquelle ils sont témoins du mariage de leur nièce Mademoiselle Legris.

Notre homme fut reçu maître menuisier à Paris le 19 novembre 1766.

Son estampille

Il exerça rue de Charenton puis rue de Charonne jusque vers 1789.
En 1786, il sous-loue la maison du menuiser Pierre Bernard, rue de Lappe à Paris.
Il achète le stock de son collègue qu'il revend alors avec la double estampille P.Bernard et N.S.Courtois.

Sa production se compose de chaises, fauteuils dont certains à châssis ou de bureau, et de lits de bonne facture, souvent sobrement moulurés et légèrement sculptés allant du style Louis XV-rocaille au style Transition puis Louis XVI.
Quelques sièges d'époque Louis XVI, à dossier médaillon ou lyre, présentent parfois un décor bien plus riche, certainement du au ciseau d'un maître sculpteur sur bois sous-traitant.
Il réalisa également des œuvres de commande plus originales comme ce meuble-baignoire formant lit de repos.

Œuvres en collections publiques (non exhaustif) :

- 4 chaises en noyer sculpté et peint, estampillées N.S. Courtois, époque Louis XVI, Musée de Versailles, donation de la duchesse de Windsor (non exposées, non illustrées)
- 2 fauteuils en hêtre sculpté et peint, estampillés N.S. Courtois, époque Louis XVI, Musée de Versailles, donation de la duchesse de Wndsor (non exposés, non illustrés)
- chaises, fauteuil de bureau, canapé, Paris, Mobilier National


Chaise d'époque Louis XVI
estampillée de Nicolas-Simon Courtois
Portant la marque au fer du Ministère de la guerre
Paris, Mobilier National

Sources :
Minutier central des Notaires, Paris, Archives Nationales
Pierre Kjellberg, Le Mobilier français du 18e siècle. Les Éditions de l'Amateur.
Famillesparisiennes.org

jeudi 12 décembre 2024

Marie-Joseph Geoffroy dit le jeune, menuisier à Fontainebleau

Note biographique :

Il y a quelques années le château de Versailles a acquis une rare banquette de billard, d'une suite de 4, provenant de l'ameublement de Louis XVI à Fontainebleau, commandée en 1784 au sieur Geoffroy, ci-devant menuisier de la "boutique" du château de Fontainebleau.


On retrouve ce même Geoffroy sous l'Empire travaillant à l’aménagement du jeu de paume de Fontainebleau.


Dessin du menuisier Geoffroy (connu de 1784 à 1812)
pour le revêtement des poteaux du Jeu de Paume

Il est probablement à confondre avec Marie-Joseph Geoffroy, entrepreneur en menuiserie et marchand de meubles, né à Fontainebleau le 23 janvier 1754.
Il était le plus jeune fils du menuisier bellifontain Thomas Geoffroy et de Marie-Catherine Blondelon.
Il fut marié à Françoise-Sophie Hattier.

Il entra au service du garde-meuble de la couronne en étant attaché à la boutique du château de Fontainebleau.
En 1787, il meubla l'ancien hôtel de Savoie à Fontainebleau ou logeaient alors les gardes royaux de la porte.

A la révolution, il fut chargé d’« épurer » les boiseries du château en grattant les emblèmes royaux tout en le protégeant de la destruction en y installant une école centrale du département.
Devenu officier municipal en 1790, il fut élu en septembre 1792 membre de la Convention ou il vota la réclusion de Louis XVI.
Son mandat achevé en 1795, il devint un des quatre messagers d’État au Conseil des Anciens, puis remplit les mêmes fonctions au Tribunat avant d'être nommé directeur des Contributions directes.

Il mourut à Fontainebleau le 26 décembre 1826.