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lundi 24 février 2025

François Potain père et fils, menuisier au service des bâtiments et du garde-meuble du roi


Francois Ier Potain le père & Francois II Potain le fils (1688-vers 1770)

François Ier Potain père exerça son activité de menuisier à Paris dans le quartier de Bonne-Nouvelle. Son atelier se situait rue Poissonnière.
Les comptes des bâtiments du roi mentionnent François Ier Potain comme menuisier fournisseur de la Couronne, il s'intitulait " Menuisier du roi ".
Le Garde-meuble lui commanda des tables à écrire et à jouer, des armoires, des buffets et des sièges « sculptés de quelques ornemens ».
En 1714, il livra douze châssis de paravents à la manufacture des Gobelins.
En 1715, Il exécuta au Château de Versailles différents travaux.
Il fournit pour l'appartement de madame Desmarets à Versailles six doubles châssis d'hiver.

A partir de 1728 François Ier Potain et son fils François II Potain, exécuterons des meubles pour la couronne, sous la direction de Antoine-Robert Gaudreaus devenu fournisseur officiel du Garde-meuble Royal à partir de 1726.

François II Potain, entra au service du Garde-meuble vers 1728, probablement par l'intermédiaire de Gaudreaus, Il est dit maître-menuisier-juré du roi.
Il demeurait rue Poissonnière et publia en 1717 un Détails des ouvrages de menuiserie pour les bâtimens, où l'on trouve les différens prix de chaque espèce d'ouvrage, avec les tarifs nécessaires pour le calcul de leur toisé.
Il exécuta deux bas d'armoires pour la chambre du roi à Compiègne, livra des tables à écrire en noyer à Marly en 1729 et en 1733 une table en bois de chêne. Il fit également des cadres pour les tableaux de Louis XV.
Le fils de François II Potain, Nicolas Marie (1723-1790) devint architecte du roi et Grand prix de Rome. Il fut le proche collaborateur d'Ange-Jacques Gabriel au service des Bâtiments du roi.

mercredi 29 janvier 2025

Ciceri ou Cicery, faiseur de baromètre de la famille royale


Ce fabricant d'instruments de mesure a signé ses œuvres à plusieurs reprises et de diverses manières, dont entre autres :

- "Cicery, Faiseur de Baromètre de la Reine et de Famille Royalle, Rue et faub.g St Antoine, Chez Mr Gervais à la Tête Noire"
- "Cicery faiseur de baromètres pour la famille royalle demre grande rue du Faubg St Antoine chez Mr Gervais à la Tête Noire à Paris."
- "Construit par Cicery faiseur de baromètres de Madame la Dauphine et de Madame la contesse de Provence en 1772, demeurant à Paris, Grande Rue du Faubourg Saint-Antoine à la Tête Noire. "

Baromètre - thermomètre en bois sculpté doré, 
cadran portant les inscriptions
"Cicery, Faiseur de Baromètre de la Reine et de Famille Royalle / Rue et faub.g St Antoine / Chez Mr Gervais à la Tête Noire"
Époque Louis XVI, H. : 101 cm ; L. : 55 cm

Une note du roi Louis XVI parmi ses dépenses particulières de mai 1780 signale qu'il achète à ce "Cicecy, 8 thermomètres ou baromètres, pour 408 livres", un ensemble dispersé entre les appartements intérieurs de ses différentes demeures.
J'ai retrouvé mention d'un thermomètre à 2 tuyaux selon M. de Réaumur dans le cabinet intérieur du roi à Versailles en 1787, un autre est signalé dans la pièce de la vaisselle d'or voisine et encore un dernier dans son appartement à Marly en 1788.
En 1791-1792, les inventaires royaux citent également un baromètre construit par Cicery en 1773.

La plupart de ses instruments sont présentés dans des montures de bois doré et sculpté d'époque Louis XVI d'une qualité d'exécution variable. Il dut s’approvisionner auprès de différents menuisiers-sculpteurs sur bois dont certains s’inspirent de modèles de caisses d'horlogerie du bronzier Osmond.

Baromêtre-Thermomètre en bois sculpté et doré 
Le cadran signé de CICERY faiseur de baromètre pour la Reine 
il porte le numéro 323 à l'encre
Epoque Louis XVI, H. : 92 cm, L. : 40 cm

Malheureusement, je n'ai pas pu identifier plus surement ce fournisseur royal ...

Parmi les autres personnes de ce nom exerçant à Paris au 18e siècle, nous retrouvons en 1776, un dénommé Cicery parmi les participants à l'expérience de Lavoisier sur l'observation comparée de la mesure du froid. Il avait fourni un thermomètre à l'esprit de vin de sa construction, installé à l'Observatoire.

J'ai également trouvé trace du passage en vente d'un baromètre daté de 1768 (?) supporté par une cariatide en bronze patiné reposant sur un socle en marbre blanc, signé d'un "Charles Ciceri et Compagnie au Mont d'Or, rue St. Honoré, à Paris".
D'autres mentions imprimées de 1781 et 1782 parle encore de cet établissement à la même adresse comme magasin de pièces de physique et d'optique vendant également curieusement des estampes et des partitions de musique.

Un artisan de ce nom est également cité comme opticien installé rue du Faubourg Saint-Martin en 1778, puis dans les galeries de bois au Palais-Royal entre 1792 et 1803.
Ce dernier est probablement à confondre avec l'opticien d'origine milanaise Charles François Alexandre Ciceri (mort en 1804), marié en 1773 avec Marie Felix Covents dont il eut le peintre-décorateur de théâtre Pierre Luc Charles Ciceri (1782-1868).

Les recherches sont à poursuivre...

Sources : 
Journal de Paris, 1781
Histoire de l'Académie royale des sciences, 1782
Journal de Littérature, des sciences et des arts, 1782
Journal de la cour et de la ville, 1792
Art and Auctions, 1961 
Le château de Versailles, Pierre Verlet, Fayard
Les bronzes doré français du XVIIIe siècle, Pierre Verlet, Picard
Le château de Marly sous le règne de Louis XVI, Séphane Castellucio, RMN, 1996
Sciences & curiosités à la cour de Versailles, RMN, 2010

samedi 1 février 2020

La tenture des « Ports de mer » par la Manufacture de Beauvais

La tenture des « Ports de mer », comprenait six pièces, d'après les cartons de Adrien Campion (peintre de l’Académie de Saint Luc en 1676) et de Jacques ou  Joseph Van Kerchove (Bruges 1667- Bruges 1724).

A la croisée des verdures à paysages et de la première tenture des Indes des Gobelins, ces sujets marins et exotiques furent appréciés.
Si les ports représentés sont imaginaires, les animaux puisent en revanche leur inspiration dans les oiseaux exotiques de la Ménagerie de Versailles d'après Peter Boel.

Elle fut d'abord tissée à la manufacture royale de Beauvais sous la direction de Philippe Behagle (1641-1705) vers 1695-1696 puis remise sur les métiers par le directeur Noël-Antoine Merou entre 1722 et 1733.
La manufacture royal d'Aubusson semble avoir repris le modèle sur ses métiers au 18e siècle.

Louis XIV posséda une tenture de la première série en 6 pièces avec une bordure fond brun remplie de diverses fleurs au naturel, livré au garde-meuble le 1er juin 1696, destinée aux appartements d’attique du château de Marly.
Elle sera inventoriée une dernière fois dans les réserves de tapisserie de Versailles en 1789


Quelques tentures des « Ports de mer » sont connues dont :
- la série pour le comte et la comtesse Piper livrée en 1695, conservée au Château de Björnstorp en Suède.
- une autre aux armes du chevalier d'Allonne en quatre pièces au château de Merlemont.
Elles auraient été offertes en récompense par Louis XIV au chevalier d'Allonne, capitaine de vaisseau (1668- 1707).
- une série similaire (produite à Aubusson ?) au château de Thoissy La Berchere.

Bibliographie :
- Les relations entre la France et la Suède à travers les âges …- Denise Bernard, Beauchesne Editeur, 1993.
- Histoire de la Tapisserie - Fabienne Joubert, Amaury Lefebure et Pascal-François Bertrand, éditions Flammarion, 1995
- Ames de laine et de soie - Jacqueline Boccara - éditions d'Art Monelle Hayot, 1988
- Les belles heures de la tapisserie - Dario Boccara , Les clefs du temps, Zoug, 1971.
- La collection des tapisseries de Louis XIV - Jean Vittet, Arnauld Bréjon de Lavergnée , Faton, Dijon, 2010