samedi 1 février 2020

Laurent Rondé (1666-1733), Joaillier

Laurent Rondé (1666-1733)

Secrétaire du roi
Joaillier ordinaire du roi
Garde des pierreries de la Couronne

Né à Paris le 24 juillet 1666, il est issu d'une famille originaire de La Fère en Picardie, fils de Claude Rondé, orfèvre et de Marguerite Loge.
Il installe sa boutique quai des orfèvres et vécut dans le cul de sac Saint-Thomas du Louvre. Son poinçon est LR et une étoile.
Laurent Rondé est nommée joaillier ordinaire du roi, garde des pierreries de la couronne à la place de son cousin Pierre Le Tessier de Montarsy le 8 mai 1710.
Logé au Louvre en 1704, il est metteur en œuvre des ouvrages de pierreries de la couronne, à ce titre, il met à disposition les pierres à utiliser et travaille les matériaux précieux (or et argent) pour les montures.
En 1719, il achètera une charge de Secrétaire du roi.
En 1722, son œuvre la plus célèbre et survivante est la couronne de sacre de Louis XV, qu'il a dessiné et confectionné au Louvre aidé de son fils Claude-Laurent, de son neveu Claude-Dominique et d'Augustin Duflos.
En 1723, Duflos réalisa chez Rondé une couronne identique pour le roi Joseph V du Portugal.
En 1725, les Rondé livrèrent pour la reine une autre couronne de plus petite taille mais de composition voisine.
Il épouse Marie Charpy dont il aura :
- Marie-Madeleine, mariée en 1725 avec Nicolas Claude Hénin de Cuvilliers, conseiller au Parlement de Paris.
- Claude-Laurent, mort en 1723, garde des pierreries de la couronne (probablement en survivance de son père), receveur et payeur des rentes de l'Hôtel de Ville, marié en 1720 avec Marie-Andrée-Noëlle de Senant qui se remariera en 1726 avec Nicolas François Rémond, introducteur des ambassadeurs.
- Charles Felix Rondé, mort en 1746, Trésorier Général des Fortifications, marié en 1726 avec Marie-Charlotte-Thérèse Grondeau de Flobert.
Il meurt en décembre 1733, c’est son neveu Claude-Dominique Rondé qui lui succédera.

les deux couronnes royales évoquées plus haut :

La Couronne du sacre de Louis XV dite Couronne personnelle de Louis XV

M. de Noisy - Rechercher 16-530695

La couronne qui servit à Marie Leczinska pour son mariage exécutée par Les Rondé

M. de Noisy - Rechercher 08-551843

Claude-Dominique Rondé, joaillier

Claude-Dominique Rondé (mort après 1759)

Valet de chambre du roi
Orfèvre-Joaillier ordinaire du roi
Garde des pierreries de la couronne

Claude-Dominique Rondé est le neveu du joaillier du roi Laurent Rondé.
Il fut apprenti chez son oncle vers 1711 et associé avec lui après 1723.
Après son décès, il fut reçu orfèvre-joaillier du Roi et garde des pierreries de la couronne et obtient un logement au Louvre le 4 janvier 1734.
En 1737, il obtient un brevet de retenue de valet de chambre du roi servant par quartier 
Il apparaitra avec cette fonction dans l’Etat de la France en 1749 au semestre de juillet.
Il fut marié avec Marie Anne Pierrette Poan de Monthelon.
Ils eurent une fille, Marie-Victoire, mariée en 1739 avec François Jacques Baudon, directeur des domaines du roi de la généralité de Toulouse.
Il fit des affaires considérables avec la cour de France, ses factures après des Menus-Plaisirs montant parfois à un million et demi de livres par an.
En 1745, il livra la riche parure de diamant de la première dauphine de France : 
- La pièce de corps pour le corsage composé d’un bouquet de fleurs sortant d’un vase, deux boucles d’oreilles en pendeloques, deux épaulettes, quatre agrafes, une aigrette de 150 diamants et un bracelet avec le portrait du dauphin en médaillon entouré de 42 diamants.
En 1747, pour l’arrivée de la seconde dauphine, Marie Josèphe de Saxe, il livre un grand nœud de diamant, cadeau de la reine, et un bouquet de corne d’abondance, cadeau du dauphin.
En 1751, il lui était réglé une facture de 31 359 livres dues par Madame la Dauphine.
En 1757, il tombe malade et c’est Pierre-André Jacquemin qui lui succède.
Je n’ai pas la date de son décès survenue après 1759.

Il existe un portrait de la première dauphine évoquant la richesse des parures de diamant de Rondé :

M. de Noisy - Rechercher 10-542429
Marie-Thérèse-Raphaëlle de Bourbon, infante d'Espagne (1726-1746)
dauphine de France en 1745 par Daniel Klein le Jeune
Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon

dimanche 26 janvier 2020

Joseph Coteau, peintre emailleur

Joseph Coteau, né vers 1740, peintre émailleur d’origine suisse, a travaillé pour la manufacture de Sèvres ou il introduit le décor d'émaux sur porcelaine vers 1780.
Cette technique rare et raffinée consiste à appliquer sur la surface de la porcelaine des petites pastilles de feuille d'or ciselé, sur lesquelles on fixe des touches d'émail composé majoritairement de verre coloré. Ce procédé dit « en émaux et perles », connut un grand succès pendant les années 1782-1785.

Le Louvre conserve une paire de vase portant ce type décor qui lui est attribué :

M. de Noisy - Rechercher - Page 9 83-001255
Paire de vases Falconet cannelés à guirlandes
décor attribué à Joseph Coteau (1740-1801), émailleur
Paris, musée du Louvre

Il fut surtout le collaborateur des plus grands horlogers tels que Robert Robin et Ferdinand Berthoud auquel il fournit cadrans et plaques émaillées dans le style néo-classique et arabesque dont une au moins fut livrée à la cour de France.

M. de Noisy - Rechercher - Page 9 13-502400
Pendule en forme de lyre en porcelaine de Sèvre bleu de four
Cadran orné des douze signes du zodiaque
Joseph Coteau (1740-1801), émailleur
Courieult (18e siècle-19e siècle), horloger
Livrée à Louis XVI pour le salon des jeux à Versailles

A l’époque de la révolution, Coteau fournira des émaux pour une série de riches pendules dites « squelette » dont un bel exemplaire est conservé au musée des Arts Décoratifs à Paris, mettant en valeur des mécanismes horloger complexes.

Le musée de Versailles possède un pendule portant des médaillons allégoriques attribué à cet artisan :

M. de Noisy - Rechercher - Page 9 84-000453
Pendule portique décoré d'émaux peints par Joseph Coteau, représentant les saisons

Il serait mort le 21 janvier 1801.

Jean Baptiste Maclard, maitre menuisier

Reçu maitre menuisier, le 11 avril 1765
Mort en janvier 1778

Fils de l'ébéniste Charles Maclard, établi dans l’enclos du temple, ce menuisier livra le prince de Conti, grand prieur de l'Ordre de Malte au temple, puis le comte d’Artois à Bagatelle.
En 1778, sa veuve, Marie-Françoise Aubry, repris l’atelier.
Elle continua d’obtenir des commandes du comte d’Artois, avec entre autres ouvrages, une grande table ovale sur un support pliant, destinée au château de Maisons.
Remariée, elle laissera l’atelier à son fils Etienne en 1786.

 Sources :
Les ébénistes du XVIIIe siècle, leurs oeuvres et leurs marques - François de Salverte – 1923
Le Mobilier français du 18e siècle. Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers - Pierre Kjellberg - 1998

Etienne Maclard, maitre menuisier

Menuisier à Paris, fils de Jean-Baptiste Maclard. Il reprend l’atelier paternel en 1786.
Il travaillera également pour le comte d’Artois au palais du temple à la réalisation de 4 armoires vitrines pour les collections d’histoires naturelles du prince.
En juillet 1791, il touchait encore 434 livres d’Indemnités de remboursements sur la liste civile.

Sources :
Les ébénistes du XVIIIe siècle, leurs oeuvres et leurs marques - François de Salverte – 1923
Le Mobilier français du 18e siècle. Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers - Pierre Kjellberg - 1998
Forum connaissances de Versailles

Jean Pitan, Pittan ou Pitau (1617-1676). Marchand, orfèvre et joaillier ordinaire du roi

Originaire d’Anvers, maître en 1637, Jean Pitan est nommée joaillier du Roi en 1662. Il avait également la garde des pierreries de la Couronne.
Il était également orfèvre de Monsieur, frère du roi.
Il eut un fils prénommé Nicolas, également orfèvre du roi.
Il était cousin avec le célèbre Jean-Baptiste Tavernier, voyageur et commerçant, fournisseur de nombreuses pierres précieuses à la Couronne.
En 1664, il apparait parmi les fournisseurs de filigrane d’or et d’argent exposées dans les cabinets du roi à Versailles dont une série des travaux d'Hercule.
Il exerçait au Quai de l'Étoile à Paris où il était voisin de l’ébéniste Pierre Gole.
Il apparait également parmi les fournisseurs de la couronne pour les vases de pierres dures, les porcelaines montées …
En 1666, il fut chargé de priser l'argenterie d'Anne d'Autriche aux côtés de Claude I Ballin.
Parmi sa production, il est signalé comme le premier à avoir réalisé des luxueuses boîtes-médaillons ornés de brillants autour du portrait du roi qui feront l’objet de cadeaux diplomatiques.
En 1673, c’est Jean Pitan qui est chargé de tailler le diamant bleu du roi.
En 1676, c’est lui qui livre le coffret d’or « pour enfermer toutes les parures » du roi, c’est-à-dire les pierreries montées destinées à être cousues sur les costumes de monarque. (Musée du Louvre)
Il meurt la même année. A la cour, il eut pour successeur Laurent Le Tessier de Montarsy.

jeudi 23 juin 2016

La tenture des grotesques par la manufacture de Beauvais

Tenture des mois grotesques
Les musiciens
Manufacture royale de Beauvais


Cet ensemble de compositions décoratives à petits personnages, rappelant les «grotteschi» de Raphaël, a été tissé dès avant 1694 et jusqu'en 1730. Les esquisses ont été fournies vraisemblablement par Jean Ier Berain, « dessinateur de la Chambre et du Cabinet du Roi », et les cartons ont été établis par Jean-Baptiste Monnoyer (1636 -1699), peintre de fleurs.

Cette tenture fut tissée à la Manufacture de Beauvais sous la direction du flamand Behagle, directeur de la Manufacture à partir de 1684, et fut reproduite à de très nombreuses reprises pour satisfaire la riche clientèle de la noblesse et de la bourgeoisie, mais aussi pour faire concurrence aux ateliers flamands dont Bruxelles.

Au moins trois séries des grotesques de Beauvais furent livrées à la couronne ou à la famille royale.
- La première en 6 pièces en juin 1696 au Garde-meuble de la Couronne pour le service de Marly.
- une autre livraison est signalée pour le service du jeune Louis XV en 1727 (j'en ignore la destination).
- Le comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV, en commanda une série de 7 pour son château de Rambouillet.
Composition de la tenture

La tenture complète comprenait au moins 6 sujets principaux marqués tantôt par l'exotisme, tantôt par la mythologie :
- Le Dompteur et le dresseur d'animaux
- L’Éléphant
- Le Dromadaire
- Les Musiciens
- L'offrande à Pan
- L'Ofrande à Bacchus

Ces décors étaient modulables et certains détails comme les vases et le paon pouvaient être tissé pour eux-mêmes.
On y trouvait également des panneaux aux armes de commanditaires comme celle de Fleuriau d'Armenonville ou des Gontaut-Biron.

Ces sujets s’insèrent dans un décor théâtral composé de baldaquins, de draperie et de rinceaux. Cet ensemble ornemental s'inspire des gravures de Berain.

Différentes bordures furent utilisées pour ces tapisseries, la plus riche est faite de rinceaux et de médaillons comportant des personnages chinois évoquant les 5 sens (ouïe, vue, odorat, toucher et le gout).
Cette bordure est attribuée à Guy Louis Vernansal (1648–1729), autre dessinateur et peintre ayant travaillé pour la manufacture de Beauvais dont la célèbre tenture de l'Empereur de Chine.